Chênée : du logement sur les friches industrielles, et non en zone verte

Les riverains du Ry-Poney, du nom du petit cours d’eau local, se sont mobilisés contre un projet immobilier disproportionné. Le promoteur Neufcour souhaiterait construire 520 logements dans ce vallon situé sur le territoire de la Ville de Liège. Or, le lieu choisi se trouve dans une zone verte de grande ampleur : 300 hectares de bosquets, de prairies et de cultures, avec un peu d’habitations et d’activités économiques. Le Ravel le traverse, c’est un lieu très agréable et fort fréquenté par des promeneurs, des cavaliers et des étudiants des trois écoles secondaires de Chênée. Le collectif de riverains a raison d’insister sur la rareté d’un site aussi précieux dans une grande ville, en particulier dans la nôtre.

En plus de du caractère environnemental posés par ce projet, il y a un volet mobilité non négligeable. Rien n’est prévu en terme de nouvel arrêt de bus TEC ou pour faciliter l’accès à la gare de Chênée. La seule solution sera la voiture. Or, les accès routiers sont déjà chargés durant les heures de pointe, du matin et du soir, sans parler du fait que le quartier est déjà fort bâti et que beaucoup d’automobilistes le traversent abondamment pour rejoindre l’autoroute en direction des Ardennes ou de Bruxelles. L’absence de plan de mobilité adapté empêche une intégration harmonieuse de ce projet immobilier dans le quartier de Chênée.

La question du logement à Liège est primordiale, tout le monde en est bien conscient, mais pas en détruisant les rares espaces verts de taille de notre ville. Les riverains proposent par exemple de construire plutôt sur l’ancien site de l’usine cuivre et zinc en face du terrain ciblé par le promoteur. Les friches industrielles sont d’excellentes alternatives à privilégier. Quoiqu’il en soit, nous continuons à penser que pour respecter ses engagements en terme de logements publics et atteindre le 10%, la Ville devrait négocier avec tout promoteur immobilier un certain nombre de logements dont elle garderait le contrôle. Ce qui ne semble pas être le cas ici.

Ma question sera donc la suivante :

  • Je vous avais déjà interpellé il y a trois ans concernant le projet de l’éco-quartier de Haïsses-Piedroux. Il ne s’agit ici d’une seconde version de ce projet, en plus petit puisque la société Neufcour le fait passer de 35 hectares à moins de 15. Mais il reste tout aussi inapproprié et inquiétant. Quelles demandes avez-vous formulé auprès de la société Neufcour ? La procédure d’enquête publique est lancée. Quelle sera votre attitude et surtout comment allez-vous répondre aux demandes légitimes des habitants ?

Sophie LECRON

Pour le groupe PTB+

Interpellation au conseil communal du 29-05-2017