Conseil communal spécial intercommunales : le PTB à propos de l'ILLE

L'Intercommunale d'Incendie de Liège et Environs (ILLE-SRI) a pour mission de gérer le service d'incendie et l'aide médicale urgente de 21 communes liégeoises.

Depuis le 1er avril 2015, l'IILE-SRI est intégrée aux zones de secours. Il faut savoir que le pays est divisé en 34 zones de secours avec un système de fonctionnement identique partout… sauf à Liège, où le service fonctionne sur le modèle d’une intercommunale. Cela fait suite à l’article 19 de la loi du 15 mai 2007 relative à la réforme de la Sécurité civile prévoyant que la zone de secours peut être organisée sous la forme d'une intercommunale si l’un des services d’incendie présents sur son territoire était organisé sous la forme d’une intercommunale à la date du 10 août 2007. 

Mais l’exception ne s’arrête pas là. La structure de lIILE est aussi très particulière. Elle est divisée en deux secteurs (A et B) avec deux comités de gestions. Il y a donc deux présidents, deux secrétaires et 27 administrateurs qui forment ces comités de gestion et conseil d'administration et dont le coût est estimé à près de 250.000 euros par an (249 846,05€ en 2016). Partout ailleurs en Belgique, le conseil de sécurité d’une zone est composé par les différents bourgmestres dont les communes composent la zone. Avec un principe: les différents bourgmestres ne touchent aucune rémunération ni défraiement pour ce poste. La zone de secours de Liège est donc la seule exception à la règle.

Pourtant, s’il y a manifestement de l’argent pour les administrateurs liégeois de ce service public, les syndicats dénoncent à l’unisson le sous-effectif chronique et les effets collatéraux désastreux causés au service. Les délais d’interventions sont beaucoup plus longs, avec prise de risque et pression au travail, cumulé à un manque de personnel qualifié, sans parler des casernes fraichement restaurées comme à Ans, où il ne manquera plus que... des pompiers.

Pire, à Flemalle les pompiers sont encore des volontaires alors que les syndicats se battent depuis longtemps pour obtenir leur régularisation. Ils pointent aussi les achats de nouveaux véhicules qui n'ont jamais servis tels que le « V.I.R » (Véhicule d'intervention rapide) ou le bâteau d’intervention. Pour le dire simplement, on manque cruellement de pompiers mais sûrement pas d'administrateurs dans les comités de gestion.

Dans le contexte d’austérité générale sur les services publics que nous connaissons et où chaque semaine nous découvrons un nouveau scandale lié aux salaires des mandataires, cette « particularité » liégeoise semble aberrante et en décalage avec les principes de base de bonne gouvernance d’un service public. Pourquoi maintenir deux comités de gestion alors que nous manquons de pompiers ? Pourquoi maintenir de telles rémunérations pour les administrateurs de cette intercommunale alors que partout ailleurs cette gestion ne coûte rien? À titre d’exemple, les émoluments pour l’année 2016 octroyés aux deux présidents s’élèvent à près de 35 000 euros pour Serge Cappa (PS), président et membre du secteur A, et  de 20 000 euros pour Laurent Léonard (PS), président du comté de gestion secteur B.

Concernant la Ville de Liège :

Même si la structure et l’expérience de l’intercommunal lui confère une certaine souplesse de gestion, on se souvient de la polémique parue dans la presse entre la Ville et la Province en novembre 2016. La Ville de Liège a refusé de rétrocéder à l’IILE l’aide qu’elle reçoit de l’autorité provinciale sous couvert de déjà fournir 55% du budget, ce qui représente la plus grosse contribution de la Zone. Comment comprendre ces querelles de clochers si ce n’est que dans une situation où les finances communales sont mise à mal par l’austérité du fédéral et le CRAC, et où chacun essaie de tirer la couverture de son côté…

Le PTB a voté contre. Cette intercommunale est (1) une particularité nationale, (2) ses mandats coûtent beaucoup trop chers et (3) sont trop nombreux, alors que comme dans tous les services publics l'ILLE est en sous effectif. Les autres zones du pays ne coûtent rien à ce niveau-là car ce sont les bourgmestres des communes représentées qui y siègent "gratuitement" ...

Intervention au conseil communal du 7 juin 2017