Discours de Frédéric Gillot au meeting "Place à la gauche"

Je tiens vraiment à remercier tous nos camarades flamands qui sont venus nous soutenir, comme moi j’ai été les soutenir hier à Genk, dans le Limbourg, avec mon camarade Gaby Colebunders, également ouvrier et tête de liste.

Peut-être certains ne me connaissent pas encore, alors je vais commencer par me présenter. Je suis tête de liste aux élections régionales, c’est déjà pas mal. Ensuite, je vais aller un peu plus loin et je vais parler de mes origines géographique, je viens du pays du Herve et je salue tous les camarades de là-bas qui sont venus ici ce soir.

Je vais rapidement brosser le portrait du militant politique que je suis. Je dois avouer camarade, que j’ai été au PS pendant bien des années.Et puisque la confession doit être complète, j’ai aussi été président du PS de mon village. Mais maintenant je suis au PTB, au PTB-go! évidemment, camarades !

Je dois avouer, camarades, que j’ai été au PS pendant bien des années. Mais maintenant je suis au PTB-go! camarades !

Vous expliquer comment et pourquoi serait très long, mais la faille qui m’a fait changer s’est passée en 2006. Lors du pacte des générations, lorsque l’on me demandait de défendre ce pacte à l’intérieur des structures du PS et que le lendemain dans la rue je devais le combattre. Je ne pouvais pas faire un grand écart à ce point-là, faire ça c’était risquer la déchirure.

Je suis aussi militant syndical depuis 30 ans et sidérurgiste. Sur la sidérurgie, je vais vous demander un effort particulier, un très grand effort, celui d’oublier tout ce que vous avez pu entendre sur le bilan dans la presse.

Dans la presse, on dit que seulement 130 personnes ont été licenciés. Ca, je le sais, j’en fait partie. Mais ils oublient alors qu’il y a 700 prépensionnés de force, qui maintenant ne sont plus appelles comme ça mais qui sont en réalité des licenciés avec complément d’entreprise. Et puis, il y 200 travailleurs placés dans des filiales, de façon temporaire. Et sans compter tous les emplois perdus chez les sous-traitants, les temps partiels… Tout ça, on ne l’entend pas dans la presse !

Raoul, Nadia, et les autres du PTB connaissent l’odeur de pneus brulés, les piquets très tôt le matin, les 5 euros que tout le monde mets dans la caisse pour manger.

Il faut aller contre le discours que l’on entend tous les jours, contre ceux qui disent que c’est un accord de raison. Qui a-t-on sauvé avec ces mesures ? Place à la vérité, le bilan est triste. Avec eux, camarades, de l’acier, à Liège, on n’en fera plus !

Je vais maintenant expliquer les raisons de mon engagement au PTB. Dans la pratique, dans mon syndicalisme, le PTB a toujours été présent. Raoul, Nadia, et d’autres connaissent l’odeur de pneus brulés, les piquets très tôt le matin, les 5 euros que tout le monde mets dans la caisse pour manger, avec les travailleurs. Personne d’autre des partis traditionnels n’était présent, ils n’oseraient pas venir. Quand on veut lutter contre le capitalisme, contre un système qui nous tue, contre un système qui nous broie, où est-ce qu’on peut se diriger, à part le PTB ? Je ne vois pas.

Je suis en colère, contre le gouvernement wallon, contre Jean-Claude Marcourt. Si tu m’entends Jean-Claude, mais je ne pense pas qu’il soit là aujourd’hui, je lui ai dit un jour lors des visites aux conseils communaux, en assemblées du PS, que nous serons une pierre dans sa chaussure. Mais nous serons plus, nous serons un cactus dans son caleçon et pas un petit.

A mes camarades sidérurgistes qui sont là, dans la salle, je veux dire qu'avec les élus du PTB, on va faire de la politique pour mais aussi avec les gens. Vous croyez que parce que je ne serai plus délégué demain, je ne ferai plus rien ? Non, que du contraire, il faut aller plus loin.

Camarades, j’ai bien muri les mots que j’allais prononcer, mais je pense qu’il faut le dire. Nous sommes en guerres. Nous sommes en guerre contre un système qui nous écrase, contre un système qui nous considère comme des moins que rien. Nous sommes en guerre contre la droite mais pas que celle de Charles Michel et du MR, aussi contre la droite déguisée. Il est urgent de finir avec ces gauches honteuses, soumises, qui ne méritent pas leur nom.

Nous avons besoin d’une gauche qui nous rend notre fierté, une gauche combattante.

Nous ne voulons pas de leur charité, moi, je veux travailler, je veux un travail pour mes gosses et tous mes camarades avec. Garder notre dignité, c’est nous battre, camarades. Nous avons besoin d’une gauche qui nous rend notre fierté, une gauche combattante, une gauche conquérante.

La machine en face de nous est une machine rouillée. Demain, il faudra aller chez vous, dans les usines, chez vos voisins, pour que nos idées avancent évoluent, que notre projet avance. Et notre projet, il faut oser le dire, c’est le socialisme !