Discours intégral de Raoul Hedebouw (PTB) : « Un vote d'espoir, de la gauche qui refuse l'austérité » 

Discours de Raoul Hedebouw à la soirée électorale à Liège, qui annonce un élu au fédéral et un élu au parlement wallon. « Ce que les élus du PTB-go! vont apporter, c’est quelque chose de nouveau dans la politique belge. Ils vont, nous allons, faire souffler le vent de la gauche dans les parlements. Être le relais des syndicalistes, du monde associatif, des artistes, des jeunes. »

Vous sentez le vent de gauche ? Il fait du bien, il est chaud. Ce n’est pas le vent froid de la droite, c’est le vent chaud de la gauche.

Cette soirée est très importante : il s’agit d’un moment historique. Car pour la première fois, depuis 25 ans, une nouvelle famille politique de la vraie gauche, qui est représentée en Flandre, en Wallonie et à Bruxelles, fait son entrée dans les parlements régionaux et au fédéral. Nous n’avons pas encore tous les résultats. Je voudrais donc encore être prudent notamment concernant le Hainaut. Mais il semble que nous allons envoyer, en Wallonie, au moins deux députés, un au fédéral et un au parlement wallon.

A Bruxelles, les camarades du PTB-go! ont réalisé 4 % et grâce à un accord technique, ils ont pu sauter le seuil antidémocratique des 5 % : nous aurons donc 3 à 4 députés bruxellois. Nos camarades en Flandre ont aussi mené une formidable campagne. Ils ont juste raté le seuil des 5 %. Ce seuil antidémocratique ne permettra pas d’obtenir un élu à Anvers. Néanmoins, je veux du fond du coeur envoyer un message chaleureux à tous nos camarades en Flandre qui ont mené un combat bien plus difficile que nous en Wallonie : avec une N-VA qui a un caractère anti-establishment et un parti comme Groen qui depuis l’opposition, réussit à masquer qu’il est un parti qui accepte le cadre de l’austérité. Mais néanmoins, nous sommes un parti national, je suis un porte-parole national, et l’élu d’un parti national, dont l’accent liégeois se transforme en accent limbourgeois quand je parle en néerlandais. Beste kameraden, chers camarades d’Anvers, du Limbourg, de Gand… je serai le représentant des travailleurs flamands aussi ! [NdlR, en néerlandais dans le discours].

Chers amis et camarades qui êtes dans cette salle, et également ceux qui ne sont pas ici, cette victoire n’aurait pas été possible sans vous. Je voudrais du fond du coeur tous vous remercier. Personne n’est ici pour avoir un appartement, un boulot. Tout le monde a la conviction qu’on est ici pour écrire l’histoire sociale, le rapport de force. Merci aux facteurs bénévoles qui ont distribué plus de 400.000 dépliants ; ceux qui ont convaincu par le bouche à oreille de voter PTB-go! ; les délégués syndicaux qui ont parlé du PTB-go, là où pourtant la liberté d’expression s’arrête, aux portes des entreprises. Et à tous les autres.

D’autres responsables politiques parlent d’un vote protestataire. Mais non, Jean Claude, que du contraire : c’est un vote d’espoir. Un vote de la gauche qui refuse l’austérité, qui croît qu’on va reprendre confiance en nous, les travailleurs, pour écrire l’histoire sociale du pays.

Je voudrais lancer ce soir un appel à l’aide. Car un vote pour le PTB-go!, ce n’est pas un vote après lequel on va se reposer. Ce que les élus du PTB-go! vont apporter, c’est quelque chose de nouveau dans la politique belge. Mais ce ne sont pas les deux ou trois députés qui vont apporter seuls cette nouveauté. Ils vont, nous allons, faire souffler le vent de la gauche dans les parlements. Être le relais des syndicalistes, du monde associatif, des artistes, des jeunes. 

Je veux aussi confirmer ce que nous avons annoncé : nos élus vont continuer à vivre avec salaire ouvrier. Car si on ne vit pas comme on pense, on commence à penser comme on vit.

Ce soir, je voudrais également mettre en garde les partis traditionnels. Le PTB-go! refusera de s’inscrire dans une majorité qui aura pour but d’imposer l’austérité aux travailleurs. Nous l’avons dit dans la campagne, on continue aujourd’hui. Il s’agit d’une question de principe. Si vous voulez imposer l’austérité comme dans toute l’Europe, vous aurez contre vous les députés du PTB-go! mais aussi les travailleurs qui veulent faire barrage à ces politiques de coupes budgétaires.

Il y a également quelque chose qui nous touche tous. Non seulement nous allons envoyer des députés aux parlements, mais pas n’importe lesquels. Nous avons voulu donner un signal fort, que le PTB est le parti des travailleurs. Pas en paroles, mais en actes. Nous sommes un parti d’émancipation, qui croit fermement que le monde du travail doit reprendre confiance en lui-même, que c’est lui qui écrit l’histoire. C’est donc avec fierté que je vous annonce que le PTB-go! a le plaisir d’envoyer travailleur, un sidérurgiste de la région liégeois au Parlement : Frédéric Gillot.

Enfin, merci aux compagnons de route du PTB-go!, de la gauche d’ouverture (les syndicalistes et personnalités) qui ont reconnu qu’il fallait une alternative à la gauche traditionnelle.