Frédéric Gillot :: du Trilogiport au Bilogiport ?

La  liaison ferroviaire de Trilogiport à Liège serait sur le point d’être réglée. C’est ce qu’ont annoncé début mars le directeur du Port autonome de Liège (PAL), Emile-Louis Bertrand, et son président Willy Demeyer. Un gros nœud restait pourtant encore à éclaircir, sachant que la liaison ferroviaire doit passer sur le site de Chertal, propriété de Mittal : qui va payer pour les travaux ? Et que va toucher Mittal par la suite pour le passage des trains ?
Le député régional Frédéric Gillot (PTB) a interpellé le ministre des travaux public, Maxime Prévot, au sujet des négociations en cours entre la Région wallonne, Mittal et le PAL. Voici son interpellation et le compte-rendu des réponses.

« Depuis un certain temps, les gouvernements ont développé une plateforme multimodale logistique sur un site qui jouxte tout à fait le site de Chertal. Il y a à peu près une distance d'un kilomètre entre les deux. C’est une plateforme multimodale qui s'appelle le Trilogiport.

On a perdu beaucoup d'emplois dans le bassin liégeois et tout ce qui peut concourir à développer l'emploi est évidemment le bienvenu. Si ce projet avait vu le jour plus tôt, cela n'aurait-il pas aussi concouru à rendre la sidérurgie beaucoup plus attrayante et en tout cas à la rendre plus solide que ce qu'elle n'a été ? C'est une chose.

Plateforme de Trilogiport, pourquoi ? D'abord, la voie navigable, les routes et la liaison ferroviaire.  En ce qui concerne la voie navigable, le canal Albert est là, lui, il n'a pas de souci. En ce qui concerne les routes, le nouveau pont est posé au-dessus de la Meuse qui relie l'autoroute au Trilogiport. Le problème est semble-t-il au niveau de la liaison ferroviaire. En effet, aux dernières nouvelles, ArcelorMittal faisait de gros problèmes concernant le passage de convois sur le site de Chertal qui lui appartient.

Mes questions sont assez simples.

  • Où en est-on avec ArcelorMittal à ce sujet pour pouvoir permettre le passage des convois – 11 par jour me semble-t-il, d'après ce que j'avais lu ?
  • Dans les modalités, je tiens à préciser aussi que la ligne ferroviaire qui passe sur le site de Chertal est en assez mauvais état, parfois enfouie sous un mètre de terre ou à peu près. C'est pour vous dire, il y a des convois qui ne sont plus passés par là depuis des années sur le tronçon qui est concerné. Qui va prendre en charge la rénovation, la réfection, le remplacement de la voie ferrée sur le site Chertal ?
  • Après les modalités de passage, que va imposer ArcelorMittal pour que les trains puissent circuler sur les terrains qui lui appartiennent ? »

Dans sa réponse, le ministre a minimisé les frais en parlant de coûts "minimes" (non chiffrés) pour la remise en activité du réseau et de 2,5 millions € pour la mise aux normes d'Infrabel. Malgré l'insistance du député PTB sur l'urgence du dossier, la seule chose qui ne soit pas au conditionnel dans la réponse du ministre est que la Wallonie va payer une redevance à Arcelor pour le passage de trains sur son site. Des pourparlers seraient en cours avec l'entreprise mais rien n'indique qu'Arcelor soit appelé à débourser le moindre cent pour le remise en état de la ligne de chemin de fer. Le ministre "espère" plutôt une subvention européenne.

Retrouvez le compte-rendu complet de cet échange sur le site du parlement wallon.