Grève chez Mistral : Solidarité et entraide comme réponse des travailleurs à des conditions de travail intenables

Ce lundi 2 octobre, une délégation du PTB Liège s'est rendue au piquet de grève tenu par les travailleurs de l'ASBL « Le Mistral », où un délégué syndical est menacé de licenciement.

Le personnel de l’établissement (qui s'occupe de la prise en charge de personnes autistes) est en grève, en front commun, depuis 12 jours. Ils protestent contre le licenciement d'un délégué syndical (SETca) qui a dénoncé la situation de plus en plus difficile à assumer pour les membres du personnel. Ils réclament sa réintégration et le départ de la nouvelle direction. Le dossier est actuellement dans les mains du tribunal du travail qui statuera sur la situation ce mardi 3 octobre. Le licenciement n'est donc pas le seul problème que dénoncent les travailleurs de l'ASBL. Ils se plaignent également des conditions de travail et des dysfonctionnements dûs au management de la nouvelle directrice arrivée il y a plus d'un an. Pour rappel, l'asbl a subi une restructuration et le conseil d'administration a nommé une nouvelle direction à la tête de l'institution.

Un délégué présent sur place nous parle de la situation : « Il y a eu une restructuration il y a 18 mois, on a tout fait pour que cela se passe au mieux, en accord avec l'ancienne direction. Ce qui est vraiment dommage c'est que la nouvelle directrice n'a pas respecté ce qui devait être mis en place. Par exemple, elle change les rôles et fonctions des gens, ce qui génère pas mal de difficultés dans notre travail. De plus, même s' il n'y a pas eu de licenciement sec, on a fait passer certaines personnes à 4/5ème temps (sur base volontaire pour la plupart) et au moins deux CDD n'ont pas été renouvelés».

Face à la pression exercée sur le délégué et au stress que génèrent des conditions de travail de plus en plus difficile, c'est par la solidarité que les travailleurs ont répondu à leur employeur. Malgré la durée déjà exceptionnelle de leur action, ils restent déterminés pour la suite de leur combat. Et ils ne sont d'ailleurs pas seuls dans leur lutte. Ce qui est frappant, c'est le large mouvement de solidarité et de soutien qui s'articule autour de la grève. Ils ont déjà reçu la visite de plusieurs travailleurs du secteur, interpellés par la situation. Mais pas seulement, puisque le mouvement est aussi soutenu par certaines grosses entreprises privées de la région, comme Prayon et Arcelor Mittal qui ont envoyé des délégations en solidarité. Les familles des résidents et le voisinage sont aussi mobilisés et soutiennent le mouvement à leur manière. Ils contribuent à l'organisation du piquet en fournissant du café, des repas et un accès aux toilettes pour les grévistes.

Un service minimum propre à l'institution est mis en place depuis le premier jour de grève par les membres du personnel : «  On organise notre propre service minium, légalement on peut se contenter de 3 éducateurs pour 30 résidents, mais vu le niveau de difficulté qu'on rencontre dans notre métier, on préfère maintenir 4 éducateurs en service pour 30 résidents. C'est un arrangement interne auquel nous tenons pour garantir le bien être des pensionnaires et l'unité entre collègues».

A l'heure où l'anti-syndicalisme est une idée de plus en plus normalisée, et où l'austérité appliquée par les différents gouvernements pousse au repli sur soi et à l'individualisme, ce mouvement de lutte exemplaire est une preuve que la solidarité existe toujours et offre des perspectives de résistance pour les travailleurs.

Celui qui se bat peut perdre, mais celui qui ne se bat pas a déjà perdu.