Le budget provincial ne répond pas aux urgences démocratiques, sociales et environnementales en Province de Liège

Le groupe PTB+ a voté contre le projet de budget provincial pour l'année 2017. Le chef de groupe, Rafik Rassaa, est intervenu à la tribune pour justifier ce choix. Voici le texte de son intervention.

Messieurs, madame les députés,

Comme chaque année, votre communication sur le budget reprend une expression sexiste, par ailleurs retirée du droit français, d’une bonne « gestion en bon père de famille ». Certes, le budget est présenté avec un léger boni à l’ordinaire comme à l’extraordinaire. Certes, la cour des comptes a bien relevé la prudence de certaines de vos prévisions. Mais si la fiscalité reste inchangée, nos critiques restent elles aussi tout autant inchangées. Les additionnels sur le précompte immobilier continuent de représenter l’essentiel de la fiscalité provinciale. Les liégeois.es vont donc continuer de payer l’augmentation subie depuis deux ans. Au-delà des problèmes liés aux méthodes contestables de calcul du précompte, notre critique principale en terme de fiscalité est celle de l’absence d’une taxation significative des grandes entreprises présentes sur le territoire provincial. En effet, celles-ci bénéficient des services comme des investissements provinciaux en terme d’infrastructure mais ne contribuent nullement au financement de leur maintien ou de leur amélioration. Ah, il y a bien une taxe sur les établissements bancaires, mais avec les fermetures d’agence annoncées chez ING, son rendement ne risque pas de s’améliorer. Ce sont – semble-t-il – toujours les mêmes familles de travailleurs et de travailleuses qui seront mises à contribution avec ce budget provincial.

En termes de dépenses, les choix budgétaires de la Province ne seront pas, et nous le regrettons, à la hauteur des urgences démocratiques, sociales et environnementales du moment. Madame Firket m’accuse d’effets de manche parce que j’ose critiquer les politiques libérales qui jettent toujours plus d’hommes et de femmes dans la précarité. J’entends bien votre refus de mener des politiques différenciées, bien que cela soit une revendication de plusieurs organisations féministes, mais honnêtement que fait le département des affaires sociales pour combattre concrètement la pauvreté sur le terrain ? J’ai bien entendu votre réponse et je continue à penser que tout le riche tissu associatif liégeois a besoin d’une initiative soutenue par les pouvoirs publics pour répondre à ce défi de l’appauvrissement rampant de bon nombres de familles liégeoises. Et il y a urgence.

Au niveau démocratique, je veux retenir que le collège trouve l’idée d’un centre de réinsertion et de déradicalisation, je cite : « séduisante ». Et j’espère que cela se concrétisera avec les différents acteurs de terrain et les différents niveaux de pouvoirs en ce compris la Province qui a un rôle fédérateur à jouer. Là aussi, il y a urgence.

Enfin au niveau environnemental, si le plan Climat est le début d’une prise de conscience des enjeux environnementaux et le début d’actions positives en faveur de la réduction des émissions de gaz à effet de serre, nous pensons que là aussi l’urgence impose une plus grande ambition en termes de résultats comme en termes d’actions à moyen et long termes. Les outils de développement économique de la Province prouvent à travers le projet RenoWatt qu’elles peuvent palier en partie aux carences d’autres niveaux de pouvoir. Nous pensons que, de manière similaire, la Province peut s’impliquer plus activement dans la transition énergétique en poussant davantage des modèles de production d’énergie coopératifs, locaux et durables.

Enfin, même si pour ces raisons nous voterons contre ce projet de budget, je veux terminer sur deux notes plus positives. Nous nous réjouissons de l’implication de la Province dans l’accueil de la première « Conférence mondiale des Humanités » organisée à Liège sous l’égide de l’UNESCO. Et nous formulons l’espoir de voir plus de cyclistes au quotidien à Liège comme à Verviers grâce à la qualité du soutien qu’apportera la Province à la popularisation de la « petite reine ».

Je vous remercie.
Rafik RASSAA