Le service public à l'ère des applications mobiles : questions posées par le conseiller provincial PTB+ Rafik Rassaa

A l'occasion de la session de mars du conseil provincial liégeois consacrée à l'approbation de différents rapports d'activités, le conseiller provincial PTB+ Rafik Rassaa a interrogé à deux reprises le collège à propos du défi que constitue l'apparition de diverses applications mobiles pour deux services publics provinciaux : le service du tourisme et sa plate-forme de tourisme réceptif et le service des infrastructures et son projet de parkings de covoiturage, covoit'stop. Voici le contenu de ces interpellations.

Une application mobile pour le tourisme réceptif

Nous avons vécu il y a quelques jours le lancement de la plate-forme de tourisme réceptif ouftitourisme.be . Cette plate-forme permet la vente de produits structurés : acheter son ticket de musée, son logement touristique et son billet d'entrée pour une attraction sur un même site est désormais possible. Elle consiste sans nul doute une avancée dans la promotion du tourisme en Province de Liège. Néanmoins à l'ère des applications du type Airbnb ou Couchsurfing, je m'interroge sur l'avenir d'une telle plate-forme exclusivement disponible sur le web « classique ». Certes, pour avoir testé le site, il est « responsive » comme on dit dans le jargon : c'est-à-dire que l'affichage s'adapte à la taille d'écran de votre smartphone.
Mais ne serait-il pas plus judicieux de combiner l'application « Visit Liège » et ses 4200 téléchargements avec la nouvelle plate-forme de tourisme réceptif ? Je pense que le tourisme en province de Liège, et par ricochet son impact sur l'emploi, ne peuvent qu'y gagner.
Deuxième corollaire à ma remarque, qu'envisage la Province de Liège en termes de structuration d'une offre touristique de particuliers à particuliers ?

A propos des plate-formes de covoiturage covoit'stop et d'Uber

Le projet de covoit'stop prend tout doucement son envol et est appelé à se développer comme on a pu le lire dans le rapport d'activités. L'initiative est louable et à soutenir puisqu'elle tente d'organiser gratuitement un service public de covoiturage avec un minimum de garanties pour les utilisateurs. Il y a des certes des efforts à faire en terme d'intermodalité mais là n'est ma question aujourd'hui. Ma question porte sur les polémiques récentes liées à l'apparition d'Uber. Uber est cet opérateur privé qui organise un covoiturage rétribué et de ce fait transforme les utilisateurs de cette application en travailleurs des transports à bas prix, non assurés et non protégés.

Ma question est donc toute simple même si je sais que la réponse n'en sera pas autant : quelles actions compte prendre la Province pour protéger son service public de covoiturage ? Les parkings de covoiturage ne risquent-ils pas de se transformer en plate-formes gratuites pour des opérateurs privés de covoiturage néfastes pour notre service public et pour des opérateurs indépendants qui respectent, eux, les réglementations sociales et fiscales du pays ?

Rafik RASSAA,
Chef de groupe PTB+ au conseil provincial de Liège