Potagers pollués de Bressoux : connaissons-nous l’impact sur la santé des consommateurs ?

En juillet dernier, Le Vif L’Express et La Meuse ont révélé que, selon une étude de sol réalisée à la demande de l’échevin Jean-Pierre Hupkens par la société namuroise RECOsol avec le concours l’ISSEP (Institut scientifique de service public pour un environnement sain et sûr), la faculté agro-bio tech de Gembloux (ULg) et la Spaque, des concentrations importantes de métaux lourds et d’hydrocarbures avaient été détectées dans le sol du potager collectif de Bressoux.

Avec six hectares et 300 parcelles louées à bas-prix, c’est le plus grand de Wallonie. Il pourrait donc contenir de l’arsenic, du cuivre, du mercure, du plomb ou encore du zinc, retrouvés dans plusieurs prélèvements. L’étude conclut sur l’hypothèse d’une « menace grave » pour la santé humaine.

Géré depuis 1925 par l’ASBL La Ligue du coin de terre de Bressoux, le potager appartient à la société de logements publics Le logis social. Le président de son CA, Jean-Pierre Hupkens, a envoyé à la mi-juin une lettre aux 258 jardiniers concernés leur déconseillant fortement de consommer des aliments issus de ces parcelles. Le 24 août, le Logis social a fait savoir qu’une analyse de dix légumes différents cultivés à Bressoux auprès du laboratoire Phytocontrole a permis de relever la présence d’un taux de contamination en plomb supérieur à la norme maximale autorisée sur les salades (0,91 mg/kg contre 0,3) et les choux verts (0,6 mg/kg contre 0,3). Les cornichons sont à la limite du seuil maximal autorisé (0,05 mg/kg), tandis que les sept autres aliments contiennent aussi du plomb mais à un taux inférieur à la limite autorisée. D’autres analyses sont attendues et la Ville maintient à juste titre sa demande de ne rien consommer.

Cependant, voilà des années que les usagers, leur famille et leurs amis en consomment. Or, nous ne savons rien à ce sujet. La Ville devrait enquêter proactivement à ce sujet avec des spécialistes.

Il s’agit, à n’en pas douter, d’une pollution historiquement industrielle. Le PTB estime que la région doit établir un cadastre des sites pollués et évaluer la responsabilité des anciens propriétaires des sites. Dans l’immédiat, il faut prendre des mesures d’urgence face au manque d’informations.

Ma question est la suivante :

  • La commune, par sa société propriétaire du potager, a-t-elle entamé des démarches pour que l’impact sur la santé des consommateurs soit rapidement évalué par un comité d’experts, de médecins généralistes et d’un laboratoire agréé et public, comme l’ISSEP ?

Interpellation au conseil communal du 04-09-2017