Pour un service multidisciplinaire de réinsertion et de déradicalisation

A l'occasion du débat budgétaire 2017, le conseiller provincial PTB+ Rafik Rassaa, a déposé un amendement budgétaire pour défendre la mise en place d'un centre multidisciplinaire de réinsertion et de déradicalisation. Voici le texte de son intervention.

Notre province de Liège a malheureusement connu une année agitée avec les enquêtes liées aux actions et menaces terroristes. Si le gouvernement fédéral a lourdement handicapé la lutte contre l'embrigadement djihadiste en ne faisant pas plus clairement la distinction entre une approche pénale ferme envers les recruteurs et les gens qui sont partis se battre en Syrie, et une approche non pénale d’accompagnement des personnes qui n’ont pas encore commis des délits, nous pensons que cela peut se faire avec un service professionnel, spécialisé, que les parents, les écoles, les associations peuvent appeler pour obtenir de l’aide.

Dans les premières phases de l'embrigadement, il faut offrir à ces jeunes un trajet fait de réinsertion, par l’emploi, un hobby ou une formation, et un trajet fait de déradicalisation, permettant de déprogrammer le lavage de cerveau. Ce n’est pas une approche « bisounours ». Toutes les expériences montrent que ces approches amènent des résultats. Comme à Vilvorde, où chacun des jeunes qui risquent d’aller en Syrie est rencontré par une personne de confiance, et parfois personnellement par le bourgmestre, avec un travail pour donner un autre sens à sa vie. Vilvorde a pu stopper l’hémorragie des jeunes partant en Syrie.

En Allemagne, le service Hayat (« Vie », en arabe et en turc) a réussi à empêcher le départ vers la Syrie de 30 jeunes.

À côté de ce programme d’insertion, il faut travailler sur le lavage de cerveau et les logiques d'embrigadement djihadiste. Au Danemark, ces jeunes suivent un vrai programme de déradicalisation. En Belgique, des programmes de ce type ont prouvé leur efficacité à l’égard de personnes sous l’influence de sectes.

Nous devons donc investir rapidement dans un service multidisciplinaire – non pénal – avec les moyens d’accompagner des jeunes dans leur réinsertion et leur déradicalisation. Ce trajet de réinsertion et de déradicalisation pourrait se faire sur base volontaire, mais, si nécessaire, un juge de la jeunesse pourrait aussi imposer un tel trajet.

Je demande donc l’ouverture d’un article budgétaire pour 1€ prévisionnel, dans le cadre de la supracommunalité, et ce, afin d’envisager la mise en place d’un tel service avec les communes concernées.

Rafik RASSAA
Pour le groupe PTB+