Un accompagnement spécifique pour les femmes en situation de pauvreté

A l'occasion du débat budgétaire annuel au conseil provincial de Liège, Rafik Rassaa (PTB) est intervenu pour défendre un accompagnement spécifique pour les femmes en situation de pauvreté. Voici le texte de son intervention.

En cette journée de lutte contre la pauvreté, je me permets de rappeler les chiffres dramatiques de la pauvreté en Belgique extrait de l’enquête toute récente de Solidaris : pour quatre travailleurs sur dix, les revenus professionnels ne suffisent pas ou suffisent à peine à boucler le budget. Parmi ces 40 % de travailleurs « (très) pauvres ou flirtant avec la pauvreté », 35 % déclarent vivre sous le seuil objectivé de pauvreté (moins de 1.250 euros par mois), soit un travailleur sur sept. Et ce ne sont pas les mesures prises par le gouvernement Michel qui risquent d’améliorer la situation : Chasser les travailleurs malades de longue durée, augmenter le prix des médicaments, diminuer les pensions de prépensionnés et des chômeurs, faire travailler plus longtemps pour moins d'argent, exclure les chômeurs : bref, le gouvernement actuel est en train de transformer la sécurité sociale en assistance sociale.

Il ne s’agit pas ici d’importer un débat fédéral à ce conseil même s’il aurait été intéressant d’entendre les partenaires de la majorité PS-MR sur cette question et sur les mesures structurelles nécessaires pour endiguer cette pauvreté indigne de la 25e puissance économique mondiale qu’est la Belgique. Non, ma question aujourd’hui est adressée à madame la Députée en charge des affaires sociales.

Vous n’êtes pas sans savoir que les travailleurs pauvres dont parle l’enquête Solidaris sont d’abord des travailleuses : 2 fois plus souvent exactement. En effet parmi les 40 % de travailleurs, on compte deux tiers (66 %) de femmes et un tiers d’hommes. L’enquête établit deux liens essentiels qui expliquent une telle situation : les temps partiels et les situations familiales monoparentales. La Province à travers son département des affaires sociales pourrait prendre en main cette situation et envisager avec le monde associatif des actions ciblées pour accompagner les femmes en situations de précarité :

  • fournir des aides juridiques et administratives spécifiques pour garantir l’accès aux droits à la pension alimentaire, au statut BIM, aux tarifs sociaux pour l’énergie.
  • fournir une intervention financière spécifique pour aider les familles en situation de dettes à sortir de la précarité

Je vous remercie d’avance pour l’attention que vous porterez à ces propositions en espérant que vous réussirez à convaincre dans votre formation politique de l’injustice sociale, particulièrement envers les femmes, que représente la modification des AGR (allocations de garantie de revenus) attribuées aux travailleurs et travailleuses à temps partiel.

Rafik RASSAA
Pour le groupe PTB+