Une soirée historique à Liège : « le parti de la chaleur humaine au Parlement »

« Un vote pour le PTB-go!, ce n’est pas un vote après lequel on va se reposer. Nous allons faire souffler le vent de la gauche dans les parlements. » C’est avec ces mots que Raoul Hedebouw annonce fièrement l’envoi de deux députés liégeois aux parlements fédéral et régional. Dans une salle remplie de militants enthousiastes, qui ont mille souvenirs de campagne en tête et encore une tonne d’énergie pour ce « combat qui ne fait que commencer ».

D’abord, l’attente. Les visages oscillant entre enthousiasme, espoir et anxiété. Pour les résultats liégeois mais également du Hainaut, de Bruxelles et de Flandre. Mais très vite, les premiers résultats tombent. Et une grande fierté envahit les nombreux militants réunis dans la salle de la Caserne Fonck ce 25 mai. Damien Robert, président du PTB dans la province de Liège prend la parole : « dans l’arrondissement, nous atteignons des scores qui dépassent les 10%. On est dans la bataille pour devenir le 3e parti de l’arrondissement. Dans le canton de Liège, on atteint 11 %. A Herstal, même si on n’a pas enore tous les résultats, on va vers les 20 % et à Seraing, vers les 17 %. Saint-Nicolas, 11 %. Grace- Hollogne, 12%. Fléron et Bassenge, 8,5%. Le parti se construit, s’implante, se consolide. C’est de bonne augure pour la suite. »

En effet. Dans la salle, ils et elles sont de tous âges, de tous milieux, de nombreux différents quartiers de Liège et même parfois venus de l’autre bout de la province pour assister ensemble à l’annonce des résultats.

Sur les marchés, les campus étudiants et dans les usines

Robin Bruyère était 3e de liste à la Région wallonne. « J’ai reçu des dizaines de SMS aujourd’hui, de gens fiers d’avoir voté PTB-go!. De mon parrain à la meilleure amie de ma mère en passant par des voisins, la boulangère du coin et des camarades de classes actuels ou de longue date : c'est avec ces encouragement que nous savons que nos luttes pour un avenir meilleur valent la peine, pour un avenir social. »

Julien, lui, est allé à la rencontre des électeurs tous les jours sur les marchés, brocantes et autres divers évènements. « Parfois, il y avait d'autres partis qui voulaient distribuer leur tract, sauf qu'avec nous, les gens venaient chercher nos dépliants dans nos mains. » Murielle est médecin dans une maison médicale du PTB, Médecine pour le Peuple. Et elle confirme cet engouement : « de plus en plus de patients sont venus pour autre chose qu'une consultation : ils venaient demander comment ils pouvaient donner un coup de main, comment devenir membre du parti. 

Même type d’échos sur le campus étudiant de l’ULG. Julie raconte que « grâce à Comac, le mouvement de jeunes du PTB, le débat est plus ouvert sur le campus. Vous menez le combat sur le terrain, comme le PTB, et vous êtes présent lors des manifestations pour se faire entendre lorsque des injustices frappent l’université. »

Et dans les usines ? Les candidats ne peuvent pas s’y présenter comme sur les marchés, alors comment faire connaître le PTB ? Gino explique que ça se joue surtout dans des discussions d’homme à homme. Bien sûr depuis les élections communales, dans la région liégeoise, on sent qu’un vent s’est levé et qu’une dynamique s’est enclenchée. Les passages de Raoul à la télé font aussi beaucoup d’effet. Surtout le passage à la RTBF à jeudi en prime où il a réussi à rester calme face à des journalistes vraiment agressifs. Mais pour revenir aux discussions, on a mis en contradiction le discours de droite avec celui de gauche sur les sujets qui fâchent : la chasse aux chômeurs et le gel des salaires. Il y a eu aussi la distribution des tracts par Raoul et Fred Gillot à l’entrée de l’usine qui a complété le tableau. Au final, nous sommes sûrs d’avoir 200 collègues sur 500 qui ont voté PTB aujourd’hui. Et un député du PTB au Parlement ça fera la différence, parce qu’il va ramener la voix des travailleurs dans les débats. Une voix qu’on n’a pas entendu lors de la fermeture d’Arcelor ou de Ford Genk. »

Le PTB, un parti pas comme les autres

Revenons quelques mois en arrière. Pendant des semaines, les militants du PTB ont récolté plus de 40.000 enquêtes à travers tout le pays pour connaître l’avis des belges sur leurs propositions. « Cela nous a permis d’avoir l’avis des gens et aussi de rentrer en contact avec de nombreuses personnes. Plus de 250 personnes qui ont rempli l’enquête à Liège ont pris des engagements pour être actif dans la campagne avec nous. Ils ont par exemple ensuite contribué à distribuer les 400.000 tracts qui ont été diffusé dans la campagne dans la province. Et 250 d’entre eux se sont manifestés pour devenir membre du PTB. »

Le PTB peut compter sur d’énormes moyens… humains. « Le PTB, c’est le parti de la chaleur humaine, a affirmé Damien Robert, qui en a profité pour remercier tous les bénévoles sans qui cette victoire n’aurait pas pu être possible. Les colleurs aux panneaux, ceux qui ont collé une affiche à leur fenêtre, ceux qui ont passé des milliers de coups de téléphone, les équipes des secrétariats, les bénévoles des différentes soirées et soupers, ceux qui ont sillonné les marchés, les portes d’entreprise, les brocantes, les 30 jeunes qui ont diffusé des tracts dans les centres de tris des bureaux de poste, les grandes surfaces, ceux qui ont installé des panneaux dans les jardins, tous ceux qui ont donné de l’argent pour financer cette campagne, tous ceux qui dans les ateliers, entreprises, les bureaux, sur tous les lieux de travail, qui ont convaincu les gens personne après personne de voter pour la solidarité. »

Raoul Hedebouw a pris la parole afin d’annoncer officiellement les résultats du PTB-go!. Il en a profité pour réaffirmer ce que le parti avait déjà annoncé: « nos élus vont continuer à vivre avec salaire ouvrier. Car si on ne vit pas comme on pense, on commence à penser comme on vit. » Il a également annoncé fièrement l’élection de Frédéric Gillot au Parlement Wallon : « Non seulement nous allons envoyer des députés aux parlements, mais pas n’importe lesquels. Nous avons voulu donner un signal fort, que le PTB est le parti des travailleurs. Pas en paroles, mais en actes. Nous sommes un parti d’émancipation, qui croit fermement que le monde du travail doit reprendre confiance en lui-même, que c’est lui qui écrit l’histoire. C’est donc avec fierté que je vous annonce que le PTB-go! a le plaisir d’envoyer travailleur, un sidérurgiste de la région liégeois au Parlement. »

« Que d’émotion », entame Frédéric Gillot sur scène, après l’annonce de son élection, qui s’empresse de remercier ses camarades sidérurgistes qui l’ont soutenu dans sa campagne dans un contexte difficile. « Je ne pourrais pas faire un long discours, car je dois me rendre directement au parlement wallon à Namur pour une interview. Et cette fois, camarades, on nous laissera entrer! Et on ne pourra pas nous repousser, comme la dernière fois, avec des autopompes… » La salle s’exclame « Tous ensemble ! Tous ensemble ! ». En effet, que d’émotion.

Prochains rendez-vous

« Le prochain rendez-vous que je vous donne, camarades, c’est dans la rue. Dans les entreprises. Dans les luttes sociales. Nous l’avons toujours fait, et nous le ferons toujours demain ! », conclut Frédéric Gillot.

Damien Robert a également invité les militants les 19 et 20 septembre prochain, à ManiFiesta. « La N-VA monte. Le parti de la division, qui veut casser la sécurité sociale ; qui dit qu’un travailleur flamand n’a pas les mêmes intérêts qu’un travailleur wallon. C’est pourtant faux. Le coût de la tartine en Flandre a le même coût que la tartine en Wallonie. Les 19 et 20 septembre prochain, je vous invite tous à participer à ManiFiesta, la fête de la solidarité. Car contre les mesures antisociales, la seule recette, c’est la solidarité. »

Merci à Merlin Léonard, Nathalie Bruz, Barbara Tuna, Lise Jamagne et Alice Bernard pour leur contribution à ce reportage.