Herstal :: Le PTB ne soutient pas un budget qui ne répond pas aux besoins de la population

Ce soir, lors du conseil communal de Herstal, les élus du PTB ne soutiendront pas le budget 2016 proposé par la majorité PS-EPH.

Sachant que Herstal est une des villes les plus pauvres de Wallonie, et que la politique menée par le gouvernement fédéral ne va pas améliorer la situation, bien au contraire, le PTB Herstal considère que le budget ne répond pas aux besoins de la population. 

Nadia Moscufo, cheffe de groupe : « Le budget du CPAS pour 2016 prévoit seulement une faible augmentation de 2% (soit 130.000 euros). C’est largement insuffisant pour faire face aux conséquences des mesures d’austérités imposées par le gouvernement fédéral,  notamment la réforme qui prévoit l’exclusion des chômeurs, votée par le gouvernement Di Rupo sous la législature précédente. En 2015, le nombre de bénéficiaires du RIS est passé de 568 à 646, soit une augmentation de 78 personnes (+ 14%). Ces chiffres confirment l’étude réalisée par la FGTB fin de l'année 2014, qui prévoyait pour  Herstal, 274 personnes exclues dont seulement un tiers remplit les conditions du RIS (revenu d’intégration sociale). Sans compter qu’en 2016 ce nombre risque très probablement d’augmenter. »  

La conseillère pointe également le manque de logements : « Les logements sociaux sont en diminution de 24 unités. Un paradoxe quand on sait que le coût du loyer représente la part la plus importante des dépenses des ménages wallons. Pour le quart des ménages belges les plus pauvres, cela représente 39 % des dépenses alors que pour le quart des ménages les plus riches cela ne représente que 23%. A Vienne, 60 % des habitants vivent dans un logement social. Une situation qui n'est rendue possible que grâce aux vastes investissements de la ville dans la politique de logement. Une ville qui a gardé le contrôle sur sa politique foncière et sur les projets des agences immobilières. Des agences qui ne fuient pas la ville pour autant mais qui coopèrent avec les pouvoirs publics. Un modèle qui fait rêver tant il est loin des réalités de nos villes. Pourquoi ce qui est possible à Vienne ne le serait pas chez nous. Voilà une piste à creuser. De plus, nous ne voyons pas non plus de politique active pour la mise à disposition de logements privés à prix démocratique. Au contraire, la ville lance des projets de construction de logements de haut standing. Cela sonne peut être très bien à l’oreille, mais avec cette politique, on peut se demander crument à terme : où va- t- on caser les pauvres ? »

En ce qui concerne les recettes, le parti de gauche réclame une fiscalité plus juste : « Le budget 2016,  prévoit 29,5 millions d’euro  via les impôts (additionnels et taxes). La plus grande partie de ces taxes provient des ménages des travailleurs. Pourtant ce n’est pas les grandes entreprises qui manquent sur notre territoire, dont des multinationales. Celles-ci ont les épaules plus larges et devraient contribuer plus. »  

 

Concernant la taxe immondice, même si le montant de base (la partie forfaitaire) n’augmente pas, le PTB dénonce les augmentations en ce qui concerne la partie proportionnelle.

Au sujet du fond des communes, celui ci contribue pour 24% du budget de la ville. Le   PTB tient à rappeler qu’il est partisan d’un refinancement des villes et communes à hauteur d’un tiers du budget, comme cela était le cas dans les années 70 : « En appliquant ce principe, la ville de Herstal pourrait avoir 9% de budget en plus, soit 5 millions d’euros. »

Le parking réglementé, un système que le deuxième parti de la Ville ne cesse de dénoncer : pétition, rassemblements, affichettes etc…   Nadia Moscufo : « Depuis le début, nous l'affirmons, ce projet est un projet de non-sens! Aujourd’hui, la Ville a dû reculer. La réforme prévoit dès 2016 une forte diminution des places payantes (réduction de 700 à 275), avec malheureusement une augmentation de la zone bleue. Cette réforme se traduit également dans le budget, et nous nous en réjouissons. Nous continuons avec les Herstaliens, tel un cactus, à piquer la majorité jusqu’à ce que ce système fasse partie des oubliettes de l’Histoire, car nous refusons fermement d'engraisser une multinationale comme Besix-Park sur le dos des Herstaliens et au détriment de notre ville. »

 

Pour être en équilibre, le budget de la ville de Herstal nécessite un recours à un emprunt de 11,3 millions d’euros (soit 4 millions d’euros de plus par rapport à 2015). « Nous continuons de payer pour des choix de politique Bling-Bling au détriment d’une politique au service des besoins de la population. La charge de la dette de la ville atteint 49,3 millions le 1 er janvier 2016 et elle compromet notre futur. Cette charge atteindra au 1 janvier 2017 la somme de 58,3 millions d’euros. Ceci est en grande partie du aux travaux de rénovation, et en particulier le chantier du centre (le nouvel hôtel de ville). Il fallait réaménager le centre et améliorer notre hôtel de ville pour le service au citoyen et pour les conditions de travail du personnel, mais fallait-il le faire avec des travaux d'une telle ampleur ?  Le projet global de rénovation coûtera au total 58.500.000 €, dont la moitié (29.000.000€)  pour le centre. Avec cette somme on pourrait par exemple construire 200 habitations sociales afin de répondre aux 700 demandes en attente. »  

Et la conseillère de s’opposer aux 99.000 euros prévus pour l’achat de 2 véhicules. « Il est clair qu’on ne va pas résoudre tous les problèmes du budget avec cette somme mais c’est tout simplement indécent.  Quand on connait les revenus du bourgmestre on pourrait au minimum attendre de lui qu’il s’achète sa voiture avec son salaire, comme le font la plupart des travailleurs, et pas avec les deniers publics ».

 

Contact :

Nadia Moscufo  0486/79.70.94

nadia.moscufo@gmail.com