La task force sur la sidérurgie accouche d’une souris

Trois mois après l’annonce de la fermeture des lignes dans le froid et 18 mois après l’annonce de la fermeture de la phase liquide, la Task force vient de livrer ses premières conclusions. « La task force a accouché d’une souris », commente Damien Robert en charge du dossier sidérurgie pour le PTB. Et de rajouter : « La Région wallonne parle de sa volonté de trouver un repreneur pour la sidérurgie intégrée soit le discours qu’on entend depuis 18 mois ».

Ce qu’on retient des analyses développées par la Task force ? On y invoque les difficultés du marché pour suggérer que cela va être difficile de trouver un repreneur. On exagère le prix d’une reprise par le public pour justifier la non mise en place d’une sidérurgie publique. Et donc on met en doute la possibilité d’un portage temporaire par les pouvoirs publics car ni le marché ni les caisses de la Région ne le permettraient. On évoque une soixantaine de contacts pris avec des sidérurgistes des quatre coins du globe. Et on rajoute un délai de trois semaines.

« Après 18 mois d’attente et une prolongation annoncée pour trois semaines encore », explique Damien Robert, « nous devons constater que le problème essentiel des les travailleurs de la sidérurgie est que la Région wallonne ne veut pas prendre ses responsabilités et qu’à Namur, on essaye de gagner du temps pour enterrer doucement le bassin. » Car que va-t-il se passer si il n’y a pas de repreneur pour la relance d’une sidérurgie intégrée ? La Région, par l’intermédiaire du ministre Marcourt, a communiqué qu’il serait impossible pour elle de reprendre seule les outils.

Ces orientations dégagées ne sont pas partagées par le PTB. Pour Damien Robert, « nous réaffirmons que la survie des outils et des emplois passe par la mise sur pied d’une sidérurgie intégrée et publique qui sera la seule forme capable de résister à la dégradation des conditions du marché vu le moindre intérêt apporté par ce type de structure aux sirènes des actionnaires et des retours sur investissement ».

On ne sauvera pas la région si on n’est pas capable de trouver 600 millions € pour la sidérurgie. On ne sauvera pas les dix mille emplois si la Région wallonne n’est pas capable d’aller trouver cet argent. Là est le vrai débat.

Et Damien Robert de conclure : « Nous actons que la Région wallonne maintient l’option d’une sidérurgie intégrée. Il va falloir transformer ces promesses en actes. L’intérêt des ministres pour la sauvegarde de l’emploi et de l’industrie va devoir prendre le pas sur la logique du marché et des actionnaires. »