Tihange : le PTB demande aux autorités communales de se joindre à la plainte de Maastricht et d’Aachen

La semaine dernière, la saga nucléaire de Tihange a marqué un nouvel épisode : nos voisins néerlandais de Maastricht et allemand d’Aachen ont annoncé envisager une action en justice contre la Belgique. Pourquoi ? La sécurité de nos centrales nucléaires inquiète, ce qui n’est pas un fait nouveau. Ce qui l’est par contre, c’est que les pays limitrophes s’en mêlent, à juste titre il faut bien le dire. C’est dire si la situation est préoccupante. Après une démarche similaire auprès de Doel en début de mois, c’est donc la centrale de Tihange qui se retrouve dans le collimateur des Pays-Bas et de l’Allemagne.

Malgré l’attitude rassurante de la Ministre fédérale de l’énergie (MR), il y a de quoi se poser question, au vu de la régularité des incidents et mises à l’arrêt préventives de Tihange. L’inquiétude est là : Liège, à 30 km du site, est-elle vraiment préparée à une éventuelle catastrophe nucléaire d’ampleur ? C’est une interrogation que Raoul Hedebouw, conseiller communal PTB, avait déjà posé le 2 février dernier, suite à un rapport de Greenpeace, très sceptique. L’annonce récente d’une distribution de pilules d’iode par l’AFCN (Agence fédéral de contrôle nucléaire), comme mesure de protection (ou comme signe révélateur d’un réel danger ?), ne convainc pas : utiles contre l’iode radioactif, elles seront toutefois inutiles contre les autres matières radioactives s’échappant des centrales.

Lorsque Raoul Hedebouw (PTB+) avait questionné le collège communal, il avait demandé en vain que celui-ci interpelle les autorités fédérales et provinciales pour que soit élargie la « zone réflexe » autour de la centrale, c’est-à-dire la zone circulaire autour d’une installation nucléaire, à 30 km, contre 10 km actuellement. Cette mesure permettrait dans le cas d’un accident nucléaire d’évacuer beaucoup plus de personnes fragilisées (notamment dans les hôpitaux et maisons de repos). Souhaitons que cela n’arrive jamais, mais l’insouciance des autorités compétentes ne doive pas faire oublier que ce sont nos concitoyen-ne-s qui les premiers en payeraient les conséquences.

La Ville de Liège est très active dans le cadre Euregio et a tissé au fil des années des relations bénéfiques et chaleureuses avec ses voisins de Maastricht et d’Aachen, aujourd’hui légitiment inquiets. Ces bons rapports ne doivent pas être compromis par une attitude fermée ou gênée vis-à-vis de l’inconscience de notre gouvernement et de sa ministre Marghem, dont nous ne sommes pas responsables.

Le PTB-Liège demande donc à la Ville de Liège et au Collège communal de se positionner sur cette question, qui intéresse la sécurité de tou-te-s nos concitoyen-ne-s, et ne pas continuer à ignorer poliment cette politique du déni, en se joignant concrètement à la plainte des deux villes voisines.