Le meurtre de Louise Lavergne, symbole d'une minimisation des plaintes concernant les violences faites aux femmes ?

Nous avons toutes et tous été choqués par le récent meurtre de Louise Lavergne, 22 ans, par son voisin Patrick Vanderlinden qui l’avait déjà agressée. Mais nous l’avons été encore plus en apprenant que le meurtre aurait pu être évité.

Il a été publiquement mis en avant que la faute incomberait à un policier qui avait reçu Louise en février 2015 suite à un premier incident qu'il aurait commis une faute grave. Il avait consulté la BNG (Banque nationale générale) lors du passage au commissariat de la jeune étudiante française et appris que le futur meurtrier était fiché comme délinquant sexuel, libéré conditionnel en raison d’une mise à disposition du tribunal de l’application des peines prononcée lors d’une condamnation pour viol, en récidive, en 2006. Pourtant, l’enquête interne révèle que rien de cela ne figure dans les archives de la police. Or, l’exhibitionnisme, faits qui lui était reprochés, constitue un délit d’outrage aux moeurs, nécessitant la rédaction d’un PV. L’information n’a pas été remontée au parquet qui aurait pu délivrer un mandat d’arrêt pour ces nouveaux faits. De même, la maison de justice n’a pas été informée et a continué à penser que Patrick Vanderlinden était sur la voie de la réinsertion. Dans cette affaire, la responsabilité individuelle est pointée et l'instruction va suivre sont cours mais n'est-ce pas un peu réducteur de s'en tenir là ?

En effet, suite à cette triste affaire, des milliers de témoignages démontrent que le phénomène est bien plus grave que certains l'admettent. Au travail, en rue ou même dans le foyer familial, les femmes sont touchées, insultées, harcelées, agressées, violées et, parfois, tuées. Et le problème est double. D'un côté, il y a les faits eux-mêmes, graves et nombreux. D'autre part, il y a cette tendance à les minimiser, voire à se moquer de celles qui les dénoncent. C'est vrai au niveau de la société mais l'accueil des victimes n'est pas non plus à la hauteur dans les commissariats. Le tragique cas de Louise, nous le rappelle : pas de plainte, pas de P-V transmis au parquet, pas d'info transmise aux instances surveillant la liberté conditionnelle, juste une note interne à la police. Et pourtant, on sait que l'agent a été consulter les antécédents du voisin. La réalité montre sur le terrain que la politique menée est largement insuffisante. Un viol sur dix, seulement, fait l'objet d'une plainte dans notre pays.

En 2004 est parue à Liège la circulaire « tolérance zéro » qui a permis une meilleure prise en compte par la police des plaintes concernant les violences faites aux femmes. D'ailleurs en 2006, Laurette Onkelinx a décidé d'étendre l'expérience liégeoise au niveau fédéral. Or, actuellement les associations de terrain constatent que nous en sommes revenus à la situation d'avant 2004, où ces problématiques ne sont plus autant prises au sérieux. 

Mes questions sont donc les suivantes:

  1. Quelle est la politique actuelle de la Ville par rapport à cette notion de « Tolérance zéro » ?
  2. Les autorités communales ont-t-elles pris contact et vont-elles rencontrer les associations de terrains pour améliorer la prise en compte par la police des plaintes concernant les violences faites aux femmes ?
  3. Les autorités communales ont-t-elles pris des initiatives concrètes au sein de la police liégeoise pour que de telles affaires ne se reproduisent plus ?

 

Interpellation au conseil communal du 30-10-2017


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  • a publié cette page dans Actualités 2017-10-30 20:02:27 +0100

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