Droit à des services de proximité

Constats

Dans l'enquête menée par le PTB+ auprès de 1560 Liégeois, ceux-ci y ont exprimé un grand besoin de proximité. 40 % d'entre eux demandent de « diminuer l'obligation de se déplacer en favorisant les services et commerces de proximité » en citant les « bureaux de postes, les agences bancaires, les boulangeries, … ». 35.2% d'entre eux y lient également la question de l'emploi en demandant que « pour créer de l'emploi, la ville doive exiger assez de services de proximité dans chaque quartier ». En matière de santé également, 14,2% des Liégeois demandent un « retour aux hôpitaux de proximité » tandis qu'en matière de sécurité on retrouve ce même besoin avec 49.1% qui demandent que « la ville investisse dans la présence de police de proximité ».

Combien de kilomètres faut-il marcher pour retrouver un bureau de poste ?

C'est pourtant à l'opposé qu'on assiste ces dernières années à Liège. Des fermetures multiples de bureaux de poste ont retiré progressivement ce service public vital des quartiers de Liège. C'est pour ce besoin de proximité que plus de 200 habitants de Sainte Marguerite ont rejoint le PTB+ lors de sa manifestation le 15 mars 2011 contre la fermeture du bureau de poste de la rue Saint-Séverin. C'est pour les mêmes raisons que le PTB+ a également organisé des actions pour les bureaux de Saint-Léonard et de Grivegnée. « La poste est là pour les gens, pas pour le profit » disions nous à l'époque. Pourtant, cela n'a pas empêché plusieurs élus de notre conseil communal ayant un mandat fédéral de voter le contrat de gestion de la poste prévoyant ces fermetures. Le premier d'entre eux est d'ailleurs notre bourgmestre M. Demeyer. Il avait dès lors été promis que les « points postes » allaient avantageusement remplacer les bureaux. Le résultat est sans appel : depuis plusieurs mois, des quartiers comme Grivegnée, Saint-Léonard et Sainte-Marguerite se trouvent quasiment sans point poste. Notons d'ailleurs le même phénomène avec les agences bancaires fermées pour cause de rentabilité et les distributeurs de billets. Est-il normal qu'il n'y ait qu'un seul distributeur de billets pour tous les quartiers de Droixhe, Bressoux et le bas de Grivegnée réunis ?

Les méga centres commerciaux étouffent le commerce de proximité

C'est aussi à l'opposé qu'on assiste lorsque la ville donne son autorisation à l'établissement de méga centres commerciaux comme Belle-Île et la Médiacité dont un des effets est celui de chasser les petits commerçants des quartiers. Qu'elles le veuillent ou non, ces offres commerciales rentrent en concurrence avec ces commerces locaux vu que le pouvoir d'achat des travailleurs est bloqué depuis des années.

L'école de quartier face au « marché scolaire »

Au niveau scolaire également, on ne peut que déplorer l'offre inégale de qualité d'établissement entre les différents quartiers de la ville. La promotion de l'immersion et des pédagogies actives a cet effet pervers de chasser les enfants des quartiers populaires de ces écoles. La ville de Liège participe ainsi de plus en plus à cet enseignement à deux vitesses si caractéristique du pays connaissant les plus grandes inégalités en matière d'enseignement. Encourageant ainsi une certaine mobilité pour aller chercher les « meilleures écoles », les autorités détricotent ainsi le besoin d'une présence d'un réseau scolaire fondamental et secondaire de proximité et de qualité.

Les mairies de quartier, une décentralisation sans projet

Si les mairies de quartier se sont développées durant ces deux dernières législatures, elles restent des lieux uniquement conçus pour soulager les longues files de la cité administrative. Malheureusement, aucun projet d'intégration de ces mairies dans un processus participatif n'a accompagné l'installation de ces mairies dans les quartiers. Or, vu leur proximité elles pourraient constituer un lieu de dialogue permanent entre les autorités de la ville d'une part et les habitants et leurs associations d'autre part.

Vision du PTB+

Des quartiers intégrés conçus en fonction des besoins des habitants

Le PTB+ préconise des « quartiers intégrés », c'est-à-dire des quartiers qui fonctionnent « à échelle humaine ». Cela veut dire qu'outre les espaces (verdure et places), c'est surtout avec et autour des gens du quartier qu'on construit cette intégration. Un quartier intégré est un quartier où le logement est abordable. Un quartier où les soins de santé sont accessibles. Un quartier où l'enseignement est abordable et de qualité. Mais aussi où il y a assez d'équipements publics proches des gens comme des bibliothèques, des bassins de natation, des crèches, des gardes d'enfants, des plaines de jeu, des infrastructures sportives, des centres culturels… Ce sont aussi évidemment des quartiers où on trouve à nouveau des bureaux de poste, des agences bancaires et des magasins de proximité.

Une poste moderne consciente de son rôle social

Nous insistons particulièrement sur le maintien des bureaux de poste. Cinq jours par semaine, la Poste délivre le courrier. Ceux qui sont moins mobiles peuvent s'adresser au facteur pour leur pension, pour un versement ou parfois même encore pour avoir une petite causette. Le bureau de poste occupe une place de premier plan dans la vie sociale du quartier. Nous voulons que ça continue et que des bureaux ouverts reviennent là où ils ont été fermés. Nous proposons d'ailleurs, afin de diminuer la fracture numérique, la mise en place d'un cybercafé dans chaque bureau de poste. La Poste est une entreprise de communication. Dans le passé, la poste, en tant que service public, a démocratisé la distribution du courrier et la communication par lettres, qui étaient jadis réservées aux notables. Aujourd'hui, Internet est devenu un nouveau moyen de communication, bien plus rapide. Mais tout le monde, loin de là, n'y a pas encore accès. Tout le monde ne peut s'offrir un ordinateur, un branchement ADSL et un entretien régulier de surcroît.

Faire des mairies de quartier de véritables lieux d'information et de rencontres

Le PTB+ demande également l'élargissement des heures d'ouvertures des différents services administratifs centralisés et décentralisés de la ville de Liège. Les services rendus doivent s'adapter à la flexibilité accrue demandée aux travailleurs. Il devrait être prévu un élargissement des horaires d'ouverture jusque 20 h deux ou trois jours par semaine.

Dans les quartiers, les mairies devraient devenir un lieu d'information et d'échanges avec la population. Elle serait le lieu idéal pour construire un réel projet participatif avec les associations et les habitants du quartier.

Propositions du PTB+

La Ville doit favoriser le développement des services de proximité. Cela veut dire entre autres :

  1. Une bonne école dans le voisinage
  2. Un médecin, un dentiste et un pharmacien dans le voisinage (soins de première ligne bons et pas chers)
  3. Un bureau de poste (avec accès à l'Internet) et une agence d'une banque publique dans le quartier
  4. Un espace suffisant : espaces verts et espaces de jeux
  5. Des lieux de rencontre et maisons de jeunes accessibles
  6. Des infrastructures de quartier : bibliothèque locale, éventuellement salon-lavoir de la ville, etc...
  7. Présence d'indépendants : salons-lavoirs, pharmaciens, boulangers, marchands de légumes, assez de terminaux Bancontact, etc.
  8. Maintien des écoles de quartiers de qualité dans tous les quartiers de Liège. Pas d'enseignement à deux vitesses.
  9. Plus aucune autorisation de construction de centres commerciaux sur le territoire de la ville.