Droit à la culture, au sport et à la vie associative

Constats

45.8% des 1560 Liégeois questionnés par le PTB+ demande de « rendre les loisirs culturels plus accessibles ». C'est dire si la fracture sociale en matière d'accessibilité à la culture est vécue comme un problème majeur par une grande partie de la population liégeoise.

La culture devient-elle un outil de « city marketing » ?

Si la vie culturelle à Liège s'est enrichie de nouvelles structures et de nouveaux événements ces dernières années, le PTB+ s'inquiète d'une évolution dangereuse pour l'accessibilité de la culture.

Les autorités de la ville de Liège donnent une priorité unilatérale à la sauvegarde d'un certain patrimoine et à la défense de grandes infrastructures. Le but clairement énoncé est d'instrumentaliser la culture comme appât économique et touristique dans le cadre d'une stratégie marchande de « city marketing » . L'ORW, le CIAC, le Curtius, ... Liège essaye de se vendre et mise tout sur un tourisme culturel très ciblé en pratiquant une politique « événementielle » avec de grosses machines comme le festival « Les ardentes », la techno-parade, et le colosse Liège Expo 2017. Le PTB+ ne s'oppose évidemment pas à ces événements, mais dénonce les déséquilibres entre ce type de projets, certes utiles, et la multitude d'autres projets émanant des associations et des créateurs artistiques Liégeois. On délaisse de cette manière la culture pour et par les Liégeois et on construit uniquement une culture « vendeuse » sur le marché touristique national et international. Le manque de lieux gratuits de répétition et de production et la faiblesse des subsides destinés aux jeunes artistes Liégeois est un gros problème de la politique culturelle de la ville. Notons à ce sujet l'insuffisance de moyens pour l'enseignement artistique communal et communautaire (bâtiments, soutien actif, manque d'initiatives, ...). Liège a pourtant la chance d'avoir sur son territoire des établissements artistiques de qualité tels que l'Académie des Beaux-Arts, Saint-Luc et le Conservatoire de Liège.

Outre les problèmes d'accessibilité financière, Liège manque d'outils performants pour informer les Liégeois de son riche agenda culturel. Le manque de concertation organisée entre les différents acteurs officiels (Provinces, communes voisines, différents échevinats) et associatifs (collectifs d'artistes, centres culturels, théâtres, galeries d'exposition, associations d'éducation permanente) n'est pas étranger à cette situation. De nombreux acteurs du secteur culturel demandent une meilleure collaboration et un dialogue plus régulier.

Le sport abandonné aux multinationales du secteur

Au niveau sportif, 27,7% des Liégeois sondés par le PTB+ demandent « d'élargir l'offre » en pointant du doigt le manque de piscines et de salles de sport. Beaucoup de communes ferment de plus en plus leurs piscines étant donné les restrictions budgétaires des finances communales. Liège n'échappe malheureusement pas à cette règle en n'offrant plus que deux bassins à la disposition des Liégeois. Une génération est en train de naître et elle n'aura pas eu l'occasion d'apprendre à nager. En matière de salle sportive, force est de constater qu'on abandonne l'ensemble des Liégeois à des salles sportives onéreuses organisées par des multinationales du secteur. 25 à 50 € sont des sommes mensuelles demandées pour avoir accès à ces services. Ce qui est largement au dessus des moyens d'une bonne partie de la population Liégeoise.

Vision du PTB+

Emancipation et développement personnel nécessitent plus de moyens financiers

Culture, sport et loisirs doivent être populaires, au sens propre du terme, c'est-à-dire accessibles et ouverts à tous. Culture, sport et loisirs contribuent à la création d'une société solidaire, émancipée et consciente où chacun apprend à se connaître et à développer ses aptitudes et sa créativité. Bien souvent le secteur privé ne considère ces talents que comme une source d'exploitation et de profit à maximaliser. C'est pourquoi nous réclamons une vie culturelle et sportive publique financée à hauteur de ses défis.

La ville doit encourager les grandes institutions culturelles Liégeoises à se saisir de leur rôle d'éducation permanente et développer une collaboration efficace entre le secteur social et le secteur culturel pour organiser une offre destinée à tous les travailleurs. En particulier, plus d'efforts sont nécessaires pour déployer des initiatives culturelles et sportives à l'égard de groupes cibles plus vulnérables : les quartiers socialement défavorisés, les personnes handicapées et les personnes âgées.

Faciliter le bénévolat et encourager les initiatives des jeunes

Chacun devrait pouvoir, à son niveau, avoir accès aux activités sportives et culturelles et même les organiser si nécessaire. Les autorités publiques doivent doter la ville des infrastructures nécessaires au développement de jeunes initiatives culturelles et sportives. Centres d'activités, salles de fête, centres de formation, terrains de récréation, lieux de production et diffusion artistiques : une politique volontariste est nécessaire à Liège pour combler ces besoins.

Les enfants devraient se familiariser dès l'école primaire avec le sport et la culture, non seulement durant les heures de cours, mais aussi sur le temps de midi et après l'école. C'est en outre une alternative pas trop onéreuse à la garderie et à l'étude. Des initiatives de ce type sont en cours, à Bruxelles par exemple avec un projet de sport de quartier, pour la plus grande satisfaction des parents, des élèves et des écoles. Ces activités profitent également aux mouvements de jeunesse. Le bénévolat pourrait une option pour les deux dernières années du secondaire. Une jeunesse impliquée et investie est gage d'une citoyenneté active et engagée.

Allô, la ville ?

La culture à Liège c'est beaucoup de petits réseaux qui travaillent chacun de leur côté sans mutualisation possible des moyens matériels ni circulation d'informations sur de possibles subsides ou aides financières. Un bureau d'accueil doit être mis sur pied par la ville pour faciliter le partage d'informations et de moyens et aider à l'élaboration de projets. Cela permettrait de diminuer les freins de nombreux artistes à développer leurs projets par peur de ne pas trouver de financement suffisant. Evidemment, augmenter de manière durable les moyens dédiés à la culture reste le premier remède.

Le CIAC doit rester public

Au sujet de l'avenir du futur Mamac, le PTB+ s'oppose à ce que ce soit un privé qui reprenne l'exploitation du futur CIAC. En plus des interventions de fédération Wallonie-Bruxelles, la ville va dépenser plus de deux millions pour les travaux. L'échevin de la culture avance qu'il faudrait encore un besoin de trésorerie de 4 millions d'euros pour l'exploitation que devrait apporter un investisseur privé. La ville perdrait ainsi la gestion et la programmation de ce musée au profit de cet investisseur. Le PTB+ s'en étonne sachant, par exemple, qu'uniquement pour la promotion de l'expo Liège 2017, la ville va investir plus de 6 millions d'euros. Des musées d'art moderne beaucoup plus importants ont su rester public, pourquoi pas celui de Liège ?

Propositions du PTB+

  1. Plus d'investissements et de moyens financiers pour une culture et des sports accessibles à tous.
  2. Créer des espaces de production et diffusion artistiques
  3. Investir dans des salles et des équipements nouveaux pour la vie associative. Non à la privatisation de l'infrastructure existante.
  4. Revaloriser le statut de bénévole.
  5. Permettre l'accès aux cours de récréation comme terrains de jeux et terrains de sport
  6. Inclure le sport et la culture dans les priorités de l'enseignement.
  7. Favoriser la collaboration entre les écoles et les associations sportives.
  8. Un pass culture gratuit pour tous les jeunes.