Droit à la diversité, droits égaux pour tous!

Constats

Tous les travailleurs ont les mêmes devoirs mais pas les mêmes droits

A Liège, en 2010, on comptait 192.711 Liégeois, dont 158.513 Belges et donc 34.198 étrangers. Ce sont les Italiens qui sont en tête avec 9.285 habitants, viennent ensuite les Marocains au nombre de 3.977, les Français (3.898), les Espagnols (2.393) et les Turcs (1.436). Liège s'est construit d'ailleurs grâce aux différentes immigrations, venu du Nord du pays, de Pologne et puis de la Méditerranée.

Certains patrons font appel à l'immigration pour combler les soit-disant « postes dont personne ne veut » alors que tant de jeunes, et en particulier des jeunes d'origine étrangère, sont sans emploi. Ce phénomène n'est pas nouveau. Le patronat s'est toujours servi de l'immigration pour faire pression sur les salaires et les conditions de travail. Les travailleurs issus de l'immigration gagnent en moyenne de 10 à 25 % de moins que les travailleurs d'origine « belge ».

La plupart des immigrés en Belgique sont des ouvriers, de même que leurs enfants. 95 % des Turcs et des Marocains ont un statut d'ouvrier contre 50 % des Belges. Ils ont les mêmes devoirs, payent les mêmes impôts... mais n'ont pas les mêmes droits, et encore moins les mêmes chances. Il est manifeste qu'une telle situation d'inégalité n'est bénéfique pour personne qu'il s'agisse des travailleurs belges ou immigrés. C'est pourquoi nous réclamons des droits égaux pour tous.

Les discriminations se multiplient

Le droit à la diversité implique aussi la fin des discriminations sur le marché de l'emploi. Comme l'a révélé Solidaire, l'hebdomadaire du PTB1, des agences d'intérim organisent cette discrimination avec la mention BBB pour les entreprises qui refusent d'embaucher des immigrés ou des belges d'origine immigrée. Plusieurs enquêtes ont démontré que beaucoup d'employeurs embaucheront plus facilement un candidat qui s'appelle Jean qu'un candidat prénommé Mohammed, même si tous deux présentent le même profil et qu'ils ont donné exactement les mêmes réponses aux tests. Les autorités reconnaissent le problème mais se limitent à « convaincre » les employeurs. On attend toujours le test de situation promis qui devrait permettre de déterminer si un employeur fait preuve de discrimination ou non.

Les autorités communales pourraient donner le bon exemple mais elles ne le font pas assez. Que ce soit en matière d'emploi ou à l'accès au logement social, le PTB+ pointe du doigt la responsabilité des autorités publiques dans les tensions crées au sein de la population. En restant impuissante devant l'offre insuffisante aux niveaux du nombre d'emplois et de logements sociaux, les autorités publiques soumettent la population Liégeoise à de fortes tensions psychologique et morale poussant certaines parties de la population à chercher ailleurs que dans cette pénurie les causes de la non obtention d'un bon logement public ou d'un emploi. La mise en place d'une société solidaire et diversifiée passe aussi par la satisfaction des besoins de l'ensemble de la population.

Cela étant dit, le PTB+ salue positivement l'obtention par la Ville de Liège du Label Egalité Diversité qui témoigne d'une volonté de lutter contre toutes les formes de discrimination, directes ou indirectes au sein de l'Administration et veut encourager les autorités à continuer dans cette voie.

Quand fermera-t-on le « camp de la honte » ?

Le PTB+ rappelle son opposition au centre fermé de Vottem. Situé sur le territoire de la commune de Herstal, les conseillers communaux Herstaliens du PTB+, Johan Vandepaer et Nadia Moscufo, sont à de multiples reprises intervenus afin d'exiger la fermeture de ce « camp de la honte ». Y sont enfermés des centaines de personnes dont le seul ‘délit' est d'être étranger en Belgique. Le PTB+ rappelle que maintenir dans l'illégalité des milliers de personnes n'à qu'un seul effet, c'est celui de pousser toutes ces personnes dans un circuit professionnel parallèle aux salaires encore plus bas que la moyenne, tendant donc à mettre sous pression l'ensemble des salaires en Belgique. Le PTB+ demande des critères clairs de régularisation.

Vision du PTB+

Si les villes de Belgique se sont officiellement inscrites dans la construction d'une société interculturelle plutôt que multiculturelle, il est regrettable de constater que les projets concrets liés à la promotion d'une société interculturelle sont souvent restés emprunts d'un certain paternalisme. Un des principes fondamentaux de l'interculturalité est justement le respect de la diversité des cultures sans hiérarchie. Le PTB+ entend défendre une réelle société interculturelle basée sur le respect mutuel et le partage. Le PTB+ défend la mise en place de projets construits dans un dialogue permanent avec les associations de terrain et intégrant toute la population d'un quartier pour un mieux « vivre ensemble ». L'interculturalité ne doit pas se limiter uniquement à la subvention nécessaire de projets destinés à l'une ou l'autre communauté.

Pour réduire la discrimination dont sont victimes les immigrés, les autorités devraient prévoir plus d'emplois dans l'enseignement, les soins de santé et les administrations publiques puisque ces secteurs emploient 16 % des Belges, mais à peine 2 % des Turcs et 4 % des Marocains.

Le droit à la diversité c'est aussi reconnaître les LGBTI dans leurs droits et avoir une politique active d'information et d'éducation pour briser les préjugés dangereux qui gangrènent notre société.

Propositions du PTB+

  1. Introduire un test pratique de situation qui permettrait de déceler les comportements discriminatoires lors des entretiens d'embauche.
  2. Créer un « Point de signalement local » pour recueillir et traiter les plaintes portant sur ces discriminations2
  3. Tendre à ce que le personnel communal corresponde à la composition sociale et culturelle de la Ville de Liège.
  4. Développer de programmes interculturels par quartier avec l'objectif d'impliquer toute la population dans sa diversité
  5. Exiger la fermeture du centre fermé de Vottem
  6. Développer une information offensive dans les écoles, l'administration communale, la police, le CPAS, les centres de soins et les homes sur la réalité de la communauté LGBTI (3)

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1 : http://www.ptb.be/nieuws/artikel/exclusif-dossier-adecco-le-nom-des-entreprises.html
2 : Comme demandé par le CRIPEL dans son Memorandum
3 : Comme demandé par l'asbl Arc-en-Ciel dans son Memorandum