Droit à la participation démocratique, droit à une ville connectée

Constats

Dans son enquête auprès de 1560 Liégeois, le PTB+ a soumis la phrase suivante : « la ville n'organise pas de réelle démocratie participative et n'implique pas les citoyens dans la décision des gros projets à Liège ». Sur une échelle de 0 (pas d'accord) à 10 (d'accord), la cote moyenne est de 7,72 /10, soit un haut degré d'accord avec ce constat. Beaucoup de citoyens Liégeois ne se sentent pas écoutés par les autorités : que ce soit dans les questions d'urbanisme, de mobilité ou de culture. Combien de fois, en travaillant avec des acteurs du monde associatif et les comités de quartier, n'avons-nous pas entendu que « la ville ne nous demande jamais notre avis et quand elle nous le demande, elle n'en tient pas compte ». Il existe une réelle coupure entre les autorités de la ville et ses habitants et malgré les nombreuses déclarations d'intention, force est de constater que le fossé ne se résorbe pas.

Un chiffre : 50 personnes, c'est le nombre moyen de personnes qui viennent assister au conseil communal de Liège. Moins même si l'on doit en soustraire les attachés de cabinet et le personnel lié à certains conseillers. 50 personnes … sur 200.000 habitants. C'est dire si la coupure est grande. C'est dire si les gens se sont habitués à ce que, de toute façon, ils n'ont pas voix au chapitre entre les six ans séparant deux élections communales. Trop peu d'efforts sont faits par les pouvoirs publics pour intéresser les habitants à la politique communale. La ville de Liège est d'ailleurs une des seules communes où le droit d'interpellation directe, pourtant prévu par le code de démocratie locale, n'est pas autorisé. Nombre d'associations voulant relayer leurs demandes se retrouvent dès lors en attente de l'un ou l'autre conseiller communal qui voudrait bien relayer leur point de vue.

Plus globalement, le PTB+ déplore une communication quasi exclusivement «top-down » (du haut vers le bas) de la part des autorités. La multiplication de brochures et d'outils de communication de la ville de Liège ne change malheureusement rien à ce constat. On se retrouve plus en face d'outils tendant à vouloir convaincre du bien fondé des projets de la Ville de Liège plutôt que d'outils visant à consulter et à impliquer la population. L'absence d'un quelconque outil d'interactivité sur le site de la ville de Liège en est un exemple illustratif.

A la Ville, la population et ses représentants élus devraient disposer d'un plus grand pouvoir. Aujourd'hui, les conseillers communaux ont peu d'impact sur les décisions qui sont accaparés par le Collège communal du bourgmestre et de ses échevins.

En effet, ces conseillers communaux ne participent concrètement qu'à très peu de décisions . La population n'a dans le meilleur des cas qu'une voix consultative dans des organes de participation souvent confidentiels. Certes, le droit à l'organisation d'un referendum existe dans le cas où 10 % de la population en exprimerait la demande. L'unique fois où les Liégeois se sont mobilisés pour la potentielle candidature de Liège, capitale culturelle 2015, les autorités n'ont même pas daigné dépouiller après une campagne d'information désastreuse et partisane.

Actuellement, dans le code de démocratie locale, la question du budget sort des objets potentiellement soumis à un référendum. Et ce, alors que le budget est la question politique la plus importante indiquant les grandes orientations politiques. Le PTB+ demande l'extension de possibilité de consultation populaire au budget communal. A ce titre d'ailleurs, quel parcours du combattant pour des associations ou des partis non représentés au conseil communal pour avoir accès au budget et aux comptes de la ville de Liège ! Un véritable parcours du combattant destiné à décourager n'importe quel citoyen de s'intéresser à la gestion de la chose publique.

Le PTB+ s'inquiète aussi de la dépossession de plus en plus forte des compétences communales au profit des instances européennes. De plus en plus de compétences ne sont plus, dans les faits, du ressort communal, et ne permettent donc plus un véritable débat démocratique au sein de son conseil et de la population. Que ce soit en matière de politique des déchets, de politique énergétique, de politique de subsidiation via les fonds Feder, de politique d'emploi, de politique culturelle et tant d'autres compétences, nous demandons à la ville de Liège de faire passer les intérêts de sa population avant une quelconque subordination aux directives européennes.

Vision du PTB+

Nous proposons une réelle politique démocratique participative. Cette participation s'organiserait à travers l'élection de plusieurs conseils. Un conseil de locataires permettrait la participation des habitants des logements publics. Un conseil de la santé permettrait la participation de la population et des acteurs de terrain à la politique de santé. Enfin, des conseils de quartiers permettraient l'implication active des habitants et des associations de chaque quartier dans la gestion de la cité.

Nous réclamons pour la population le droit d'édicter elle-même les règlements communaux, l'impératif d'organiser des assemblées d'habitants dans chaque quartier deux fois par an pour y soumettre le budget, les grands axes de la politique communale mais aussi pour tenir compte des doléances des habitants. L'organisation d'une consultation populaire doit être facilitée ainsi que la possibilité d'annuler par référendum des règlements déjà votés.

Pour le PTB+, la démocratie ne peut se limiter à aller voter une fois tous les 6 ans. Il faut encourager la participation permanente à la gestion de la chose publique. Le PTB+ demande une beaucoup plus grande publicité via les médias audiovisuels locaux des débats politiques au sein, mais surtout en dehors, du conseil communal. Non seulement par la retransmission en direct du conseil via la chaîne audiovisuelle locale RTC, mais également par l'organisation de débats dynamiques entre acteurs de terrains, associations, syndicalistes et monde politique. Pour ce faire, le PTB+ demande un refinancement de la chaîne publique locale afin de pouvoir organiser ce service.

Dans le même ordre d'idée, la ville doit développer une stratégie ambitieuse sur le Web avec l'interactivité, la transparence et l'efficacité comme objectifs. Liège accuse un grand retard dans le développement de projets « open data » visant à communiquer les données cartographiques et statistiques en toute transparence. A l'ère du multimédia, il est déplorable de constater la pauvreté du site de la ville de Liège en photos, vidéos et en contenus mobiles.

Le PTB+ demande aussi que les comités de quartier soient systématiquement consultés lorsqu'une décision importante concerne le quartier. Ce sont les autorités de la ville qui doivent être demandeuses d'une telle consultation, et pas les comités de quartiers qui doivent frapper à toutes les portes afin d'être un temps soit peu entendus.

Propositions du PTB+

  1. Assemblées populaires par quartier avec conseil d'habitants, conseil de santé, conseil de quartier, notamment pour les questions sociales, culturelles et de sécurité.
  2. Possibilité d'organiser un référendum lorsque 10000 citoyens en font la demande.
  3. Possibilité d'annuler par référendum des règlements déjà votés.
  4. Plus de moyens pour les conseillers communaux.
  5. Organisation de retransmissions et débats télévisés réguliers sur les grandes questions concernant la gestion de la ville de Liège.
  6. Développement d'une stratégie Web ambitieuse pour plus d'interactivité avec les citoyens et en toute transparence.