Droit à la santé

Constats

Un droit inégal socialement

Dans notre pays, une famille sur trois est souvent incapable de payer sa facture de soins de santé. Les montants élevés des factures d'hôpital pèsent lourdement sur les budgets des familles en raison des suppléments demandés par les spécialistes. L'espérance de vie parmi les travailleurs et les sans-emploi est entre 3 et 5 ans inférieure à celle des plus nantis. L'espérance de rester en bonne santé varie, quant à elle, entre 18 et 25 ans selon la classe sociale à laquelle on appartient. L'état de santé est donc principalement déterminé par les inégalités sociales. C'est une question d'hygiène de vie, mais surtout du type de travail, de l'endroit où l'on habite (plus ou moins pollué), du stress vécu et du coût plus ou moins supportable des soins de santé.

La marchandisation creuse les inégalités

La santé devient de plus en plus une marchandise. En commercialisant et en privatisant les soins de santé, les inégalités sociales ne font que s'accentuer : les clients plus riches sont plus rentables et donc privilégiés et mieux soignés.

Ces évolutions se manifestent malheureusement de plus en plus à Liège :

  1. Les hôpitaux se regroupent peu à peu en pôles hospitaliers. Les hôpitaux de Sainte-Rosalie, Château rouge et de la Citadelle se sont regroupés dans le CHR et les hôpitaux du Sart Tilman, des Bruyères et du Brull se sont regroupés dans le CHU . Il existe donc aujourd'hui deux gros pôles hospitaliers, le CHU et le CHR. En plus de ces deux pôles, il existe encore des « hôpitaux de quartiers » du réseau chrétien tels que Saint-Joseph, l'Espérance et Saint-Vincent mais qui sont, eux aussi, sur le point de se regrouper dans le CHC qui sera un nouveau complexe hospitalier situé à Glain (2016). Une politique de centralisation générale des structures de soins de santé est unilatérale et va à l'encontre d'une demande générale des citoyens qui est de vouloir « un retour aux hôpitaux de proximité ». 14,2% des Liégeois l'ont indiqué dans l'enquête menée par le PTB.
  2. L'accès à la médecine de première ligne est en grande partie dominée par la médecine libérale, la médecine de prestation. L'approche intégrée des maisons médicales est encore minoritaire. Il existe 6 maisons médicales seulement actuellement à Liège. Elles soignent 15000 patients. Pourtant, la demande est grande. La revendication « développer le réseau des maisons médicales pour un accès gratuit à la santé » recueille 70.5% d'avis favorables, ce qui en fait une des revendications les plus portées dans l'ensemble de l'enquête du PTB+ auprès de 1560 Liégeois.
  3. Dans une enquête du Regerm (TODO Réf ?), le groupe de travail des maisons médicales de Liège, une des demandes les plus soutenues est le manque de maisons de repos. Il existe sur Liège actuellement 48 maisons de repos et, pour chacune d'entre elles, des listes d'attente souvent interminables.
  4. Les différents statuts et aides possibles ne sont pas assez promus et les personnes pouvant en bénéficier ne le savent souvent pas. Par exemple, pour le statut Omnio, seule 1 personne sur 5 qui y a droit en fait la demande simplement par manque d'information de l'existence même de ce statut et de ce droit. Ce manque d'information diminue l'accès aux soins de santé pour les populations plus précaires. De plus, les procédures de prises en charge mais aussi de remboursement sont souvent floues, compliquées et surtout très lourdes aussi bien pour les patients que pour les praticiens.

Vision du PTB+

Nous plaidons pour une approche globale et transversale de la santé intégrant la compréhension des principaux déterminants sociaux de la santé. Plusieurs de ces facteurs dépendent directement de l'action communale : qualité du logement, propreté et environnement sain, lien social et vie associative, aide sociale et lutte contre la pauvreté. La commune a de ce fait un rôle important d'information et de prévention à jouer. Elle doit être un facilitateur de coopération entre les différents intervenants locaux de la santé : hôpitaux, maisons médicales, CPAS, centres PMS etc ... Les campagnes de prévention doivent être concertées et exécutées avec ces acteurs de terrain pour une plus grande efficacité.

Par ailleurs, La commune peut préventivement faire que chaque décision, dans quelque domaine que ce soit, intègre une étude préalable de son impact sur la santé : de l'aménagement du territoire à la gestion de l'environnement et des espaces verts en passant par l'organisation de la circulation locale : tous ces domaines devraient intégrer une dimension de santé publique avant leur exécution.

Enfin, le PTB+ défend des soins de santé accessibles, solidaires et de bonne qualité pour tous et le PTB+ lie les paroles aux actes. Depuis plus de 35 ans, les 11 maisons médicales de l'organisation Médecine pour le Peuple, initiée par le PTB, pratiquent une médecine gratuite et de haute qualité. En région liégeoise, nous avons une maison médicale à Herstal et une autre à Seraing qui soignent des milliers de patients. Par cette initiative, le PTB+ réalise en « petit » ce qu'il voudrait voir se réaliser en « grand » s'il dirigeait la politique de la santé en Belgique.
La santé doit être un droit, pas un privilège.

Propositions du PTB+

  1. Généralisation des centres de santé de quartier gratuits tels que le pratique le réseau des maisons médicales sur le territoire de la ville de Liège. Les soins de première ligne doivent être prioritaires. Les consultations chez le généraliste devraient être entièrement remboursées. C'est le médecin généraliste qui connaît le mieux le patient. Il gère son dossier médical global et il est sa personne de confiance. C'est lui qui peut donner les meilleurs conseils quand il s'agit d'envoyer le patient chez un spécialiste. La commune pourrait soutenir la création de telles maisons médicales dans chaque quartier, notamment par la mise à disposition de locaux communaux.
  2. Reconnaître l'expertise des maisons médicales comme acteur de terrain du fait de leur proximité avec les patients et établir un dialogue permanent avec elles pour de meilleures campagnes de préventions.
  3. En matière de dépistage, le PTB+ demande une plus grande synergie entre les autorités de la ville et la médecine de 1ère ligne. On voit encore trop souvent les cars de dépistage arriver dans des quartiers sans aucune coordination avec les médecines généralistes. Cette manière de pratiquer de la médecine verticale n'est pas la bonne manière de pratiquer des dépistages.
  4. Faire la promotion d'une alimentation variée et saine via les repas scolaires, les repas du CPAS et via des campagnes d'information dans les écoles.
  5. Faciliter l'accès au sport dans une optique de prévention des problèmes de santé.
  6. Supprimer les suppléments sur les honoraires et sur le matériel médical lors des hospitalisations. La ville a l'autorité politique nécessaire pour que ce soit le cas au sein de l'intercommunale de la Citadelle. L'accès intégral de tous les hôpitaux doit être garanti pour tous. Le patient doit pouvoir faire appel à des spécialistes et des hôpitaux aux tarifs de la mutuelle et dans des délais raisonnables. Les hôpitaux publics sur la ville doivent être maintenus et refinancés.
  7. Renforcer la coopération entre les hôpitaux de l'agglomération pour améliorer l'offre des soins en fonction de critères scientifiques et sociaux et non pas pour faire des économies à tout prix.
  8. Une diminution du prix de certains médicaments remboursés par le CPAS. L'accès aux médicaments doit être accessible à tous, il faut donc mettre en place une forme de modèle Kiwi sur certains médicaments remboursés par le CPAS. Le modèle Kiwi, importé en Belgique par le médecin et conseiller communal du PTB+ à Deurne Dirk Vanduppen, consiste en une adjudication publique organisée par les autorités pour chaque catégorie de médicament. Ce procédé permet de réduire le prix des médicaments de 50 à 90 %.