Droit à la sécurité

Constats

Criminalité, violence, insécurité... sont des problèmes qui affectent non seulement les victimes et leur famille, mais aussi l'ensemble de la société. C'est une préoccupation des Liégeois comme l'a montré notre enquête où 9.3 % des 1500 liégeois sondés pointaient du doigt la sécurité comme 1er problème.

Nous réclamons le droit de vivre en sécurité dans des quartiers agréables. Il est inacceptable que des familles n'osent plus laisser leurs enfants circuler dans certaines rues ou certaines places. Il est inacceptable que des enfants allant à l'école doivent passer devant des personnes qui se piquent à l'héroïne. Il est inacceptable que des personnes évitent certaines lignes de bus par peur d'une agression.

Le PTB+ propose des pistes qui se veulent être des solutions durables. Pas des « solutions » qui ne sont que des coups d'éclat et ne résolvent rien sur du long terme. Nous réclamons des mesures concrètes contre ceux qui sont responsables de l'insécurité.

En même temps, la criminalité et le vandalisme sont des fléaux que l'on pourrait en grande partie éviter grâce à un plus grand contrôle social et de la prévention. Et surtout en s'attaquant aux causes sociales à l'origine de tels comportements.

A ce titre, nous dénonçons aussi le discours de certains politiques qui instrumentalisent la question de la sécurité. Ne s'opposant pas aux forces financières qui détruisent l'emploi, la sécurité et la justice sont mises en avant comme étant les dernières problématiques sur lesquelles on peut agir.

Dans les grandes villes, les dotations à la police atteignaient jusqu'au double de celle allouée au CPAS, une situation intenable sur le plan social."Cela met bien en relief toute une vision de société: briser le tissu social pour le remplacer par plus de sécuritaire. Le discours sécuritaire devient alors un moyen de cacher les maux du système capitaliste. La pratique sécuritaire devient alors un moyen par une politique répressive (amendes pour incivilités) des chasser de la ville les groupes les plus faibles plutôt que d'apporter la sécurité pour l'ensemble de la population.

Vision du PTB+

Un plus grand contrôle social et plus d'éducateurs de rue

Dans les quartiers et les cités, les animateurs de quartier, les éducateurs et les concierges pourraient signaler à temps aux sociétés de logement et à la commune les réparations à effectuer et les problèmes de sécurité.

Nous sommes pour plus d'éducateurs de rue, formés, proches des gens et accessibles. Nous voulons que les éducateurs de rue ne soient pas limités à « occuper les espaces » ou à occuper les jeunes, mais puissent faire un travail réellement social et pédagogique en lien avec les autres organisations dans le quartier. Des éducateurs qui parlent aux voisins et aux habitants. L'éducateur doit pouvoir avoir un rôle direct de prévention envers l'école (prévenir le brossage), envers le logement (problème de place, insalubrité,...).

Le travail de rue doit être un tremplin vers d'autres formes d'organiser les jeunes, pas le but final. Être éducateur n'est pas un métier facile. Il nécessite une bonne formation. Le PTB+ ne veut pas de contrats précaires pour les éducateurs ni d'embauches sans réelle formation ni discussion d'un projet éducatif avec les différents acteurs de terrain.

Il faut organiser très tôt à l'école des cours de civisme social. Ceux-ci pourraient être élargis aux associations reconnues par la commune. Ils doivent être basés sur l'apprentissage du respect de la collectivité (son quartier, ses voisins,...) et des services publics. Des rencontres avec des postiers, des agents des TEC, de la SNCB, du personnel du CPAS (et de son home) sur leur lieu de travail pourraient être par exemple organisées. Cela peut permettre de prévenir le vandalisme, les dépôts clandestins mais aussi développer le contrôle social.

La Ville pourrait davantage soutenir les comités et les projets de quartier par l'instauration d'un réel dialogue permanent et un encadrement adéquat.

Pour une police de proximité et une revalorisation des agents de quartier

Nous sommes pour des agents de quartier, formés, proches des gens et accessibles et pas des « robocops » qui se comportent comme des cow-boys. Nous ne sommes donc pas pour plus de policiers (à Liège, il y a un policier pour 185 habitants, soit un des taux les plus élevés du pays) mais nous voulons une revalorisation des agents de quartier. Nous jugeons l'approche actuelle comme inefficace en matière de sécurité. Des agents « robocops » qui ne connaissent pas le quartier, qui arrivent avec des sirènes, ne sentent pas les problèmes du terrain. Dans notre enquête basée sur 1500 personnes, 49.1% des liégeois sondés disent vouloir que « la ville investisse dans la présence de police de proximité ».

Des agents de quartiers peuvent faire du travail de prévention, nouer des contacts, détecter des problèmes avant qu'ils ne dégénèrent et donc être plus à même de gérer efficacement la criminalité. Actuellement l'agent de quartier est seulement là pour régler les problèmes administratifs (par exemple inscriptions dans la commune), pas pour être à l'écoute. La police doit aussi être contrôlée plus étroitement par la population. Le plan de gestion de la criminalité d'une zone de police est soumis au conseil de police où siègent des élus communaux. Il serait préférable que ce plan soit aussi discuté lors d'assemblées de la population, quartier par quartier et que les chefs de corps (commissaires) doivent s'expliquer sur leurs priorités. Dans ces mêmes assemblées, on pourrait aussi soumettre la politique de justice communale (voir plus loin). 21.7 % des personnes sondées par le PTB+ demande aussi un « arrêt des dérapages policiers ».

Nous sommes contre le développement des caméras. Placer des caméras au centre ville ne fait que de déplacer les problèmes dans les quartiers périphériques. En outre, il y a des risques réels de dérives au niveau de la vie privée. Enfin, cela justifie le retrait de personnes sur le terrain, cela coûte très cher (coût des caméras, personnel pour visionner) et l'efficacité n'est pas démontrée.

Au niveau des transports en commun, le PTB+ demande un retour à des poinçonneurs. À Amsterdam et à Rotterdam, l'expérience a démontré qu'un accompagnateur de tram et de bus en plus du conducteur peut résorber sensiblement les agressions et la criminalité dans les transports en commun.

La victime au centre

Délits et actes de violence doivent être sanctionnés et les peines doivent être exécutées. Mais la nature et la durée de ces peines doivent être revues pour qu'elles réparent, qu'elles éduquent et évitent la récidive.

Dans le système judiciaire actuel, les personnes victimes de violence se retrouvent bien souvent abandonnées. La justice fait peu cas de leurs expériences lors du traitement du dossier. Les victimes ont droit à un plus grand soutien. Une approche purement répressive a pour effet d'enfoncer davantage les auteurs de délits dans la marginalité et le crime. Ils se retrouvent ainsi enfermés dans un cercle vicieux. Nous plaidons concernant la « petite » criminalité pour des sanctions rapides, basées sur la réparation des dégâts et l'aide aux victimes. Ce genre de sanctions confrontent le responsable d'une agression à sa victime, elles permettent à l'agresseur de faire quelque chose de positif de sa peine et à la victime d'envisager une réparation (partielle) du dommage commis.

Il y a des groupes de médiation, ce qu'on appelle les « herstelgroepsoverleg » pour mineurs en Flandre où on confronte la victime et son entourage avec l'auteur et son entourage. Où on cherche à répondre à la question : comment réparer les dégâts faits à la victime, aux biens publics et aux proches ? C'est une approche médiation-réparation-confrontation qui vise à éviter les récidives et le passage en prison qui transforme souvent des petits délinquants en chefs de bande par la fréquentation du milieu. Cette approche permet d'éviter en grande partie les récidives chez les jeunes.

Au niveau communal, nous sommes pour une approche similaire pour des délits mineurs et incivilités devant une juridiction communale ou de proximité (comme la justice de paix). Elles remplaceraient les actuelles sanctions administratives communales (SAC) qui pénalisent graffitis, violences verbales,... mais qui sanctionnent sans droit à la défense, ni réparation à la victime des actes qui doivent être poursuivis.

Mieux vaut prévenir que punir

Il convient en outre de se pencher sur les causes de la criminalité. Le but n'est pas de justifier la criminalité ou l'impunité, mais la plupart des jeunes qui commettent des actes criminels sont sans emploi, peu ou pas du tout scolarisés et souvent victimes de discrimination. Ils n'ont aucune perspective. Un problème que l'on ne pourra résoudre que si leurs chances de réussite scolaire augmentent et s'ils peuvent espérer décrocher un emploi décent et stable. « Ouvrir une école, c'est fermer une prison » disait Victor Hugo. C'est pourquoi le PTB+ mise surtout sur le développement d'un système social solide.

Propositions du PTB+

  1. Une revalorisation de l'agent de quartier. Pas de diminution du nombre d'agents de quartier.
  2. Un accompagnateur dans les trams et les bus.
  3. Des concierges dans les blocs d'habitations.
  4. Des animateurs et des éducateurs de quartier.
  5. Cours de civisme social et public dans les écoles
  6. Soutien et dialogue permanent avec les comités de quartier.
  7. Des peines axées sur la réinsertion pour la petite criminalité.
  8. Plus de moyens pour l'enseignement, des emplois pour les jeunes et lutte contre les exclusions et les discriminations.