Droit à un enseignement gratuit et de qualité

Constats

L'enseignement est la 3ème préoccupation la plus importante dans l'enquête du PTB, juste derrière l'emploi et le logement. C'est dire l'importance qu'accorde les Liégeois à la qualité des écoles situées sur le territoire de la ville de Liège.

Des écoles « qui gagnent » et des écoles « qui perdent »

Comme le démontre de multiples études internationales (dont l'étude PISA), l'enseignement en communauté française est un des plus inégalitaires en Europe. L'écart entre les 25% des élèves les plus nantis et les 25 % les moins nantis est le plus grand de tous les pays industrialisés. Le projet éducatif communal de la Ville de Liège stipule pourtant que « l'école communale est ouverte à tous, refuse la sélection économique et sociale. Elle accorde à tous les enfants la sollicitude adéquate, quelle que soit leur origine sociale et culturelle ». Force est de constater qu'en pratique, ces objectifs ne sont pas rencontrés. Depuis ces dernières années, Pierre Stassart, l'échevin PS de l'instruction publique, développe comme stratégie la promotion d'un enseignement en immersion ou de pédagogie de type Frenet, ceci dans le but d'attirer de nouveaux élèves et de sauver des écoles communales. Malheureusement, quelque soient les bonnes intentions, il est démontré que ce type d'enseignement attire essentiellement des couches plus aisées de la population et participe de ce fait à une dualisation plus grande de notre enseignement. Contrairement à ces objectifs officiels, force est de constater que l'enseignement communal ne constitue pas un frein à la dualisation et à la marchandisation de l'enseignement au sein de la fédération Wallonie-Bruxelles.

L'école est-elle encore payable ?

39.6% des liégeois sondés par le PTB+ demande la mise en place d'une gratuité réelle de l'enseignement, constatant ainsi la discordance entre la gratuité « officielle » de l'enseignement en Belgique et une réalité différente sur le terrain. Pour rappel, la Belgique est signataire du « pacte de New-York » qui enjoint les états signataires à œuvrer à la gratuité de leur enseignement. Pourtant, une récente étude de l'université de Louvain démontrait que les frais de scolarité moyens pour un enfant dans le fondamental était de 350 à 400 euros et de 750 euros dans le secondaire. Dans les écoles communales de la Ville de Liège, on ne peut que s'étonner de la disparité des frais de scolarité entre les différentes écoles. Paradoxe : c'est dans les écoles secondaires techniques et de qualification, donc auprès des élèves les moins nantis, que l'on retrouve les frais de scolarité les plus élevés. Ainsi, il n'est pas rare de voir des frais de scolarité de plus de 250 euros en école d'hôtellerie. Cette inégalité est encore plus forte lorsqu'on y intègre les frais de participation aux remédiations scolaires organisée par la ville de Liège.

Les bâtiments scolaires vont-ils s'écrouler ?

L'état des bâtiments scolaires de la Ville de Liège est indigne de celui d'une ville d'un pays industrialisé du 21ème siècle. Le désinvestissement massif dans l'infrastructure scolaire depuis près de 30 ans a fait des dégâts. Même aujourd'hui, l'échevin de l'instruction publique admet qu'actuellement on ne peut parer qu'aux entretiens les plus urgents. Ce n'est pas pour rien que 80 % des liégeois sondés par le PTB+ estime que « la ville a délaissé les bâtiments de ses écoles ». 25.2% demandent comme 1ère mesure à mettre en place, la rénovation des bâtiments scolaires. Parmi ces 25.2%, une immense majorité de parents ayant leurs enfants dans le réseau de la Ville de Liège. Il n'est pas normal de voir les écoles de la Ville gaspiller des milliers de calories de chaleur par manque d'isolation. Tout comme il n'est pas normal d'entendre que des jeunes filles se retiennent d'aller aux toilettes parce que l'état des sanitaires est délabré dans leur école.

Le PTB+ déplore que dans ce dossier-ci également, les pouvoirs publics liégeois aient remis leur espoir dans la mise en place de PPP (partenariat public-privé) pour la rénovation et la construction de nouveaux bâtiments scolaires. Ce type de solutions va entraîner, dans les faits, une privatisation d'une partie de l'enseignement. Comme le démontre le cas de l'école Naniot, les partenaires privés ne sont intéressés dans ce type de PPP que s'il leur ait garanti une marge bénéficiaire considérable. Le PTB+ estime que l'enseignement doit rester public et doit être refinancé.

Les commandes de matériel vont-elles un jour arriver ?

Le PTB+ rejoint les préoccupations des organisations syndicales du personnel enseignant de la ville de Liège quant à la livraison trop tardive de matériel scolaire. Il n'est pas rare de voir des enseignants attendre 3 à 4 mois pour recevoir le matériel nécessaire pour pouvoir donner correctement leurs cours. Dans certaines écoles, il manque même du papier WC. Cette situation n'est plus tolérable. La bureaucratie et le manque de communication entre les différents échevinats amènent à des situations de plus en plus absurdes. Il n'est dès lors pas étonnant de voir les enseignants de la ville partir en action pour avoir une réponse à leur préoccupation. Malheureusement, malgré les promesses, force est de constater que peu de choses changent dans la pratique.

Vision du PTB+

L'enseignement est une des compétences les plus importantes de la ville de Liège. Un enseignement de qualité est une condition sine qua none pour créer des citoyens critiques et émancipés et assurer un avenir digne à tous les jeunes. Le désinvestissement dont a été victime ce secteur de la part des autorités de la Ville de Liège comme de part de la fédération Wallonie-Bruxelles est inacceptable. Le PTB+ s'oppose à la marchandisation de l'enseignement et à la concurrence effrénée sur le « marché scolaire», que ce soit entre réseaux mais aussi entre écoles du réseau public de la ville de Liège. Cette concurrence libérale est à la base de la dualisation de notre enseignement. Le PTB+ préconise la mise en place du modèle finlandais en matière d'enseignement, soit la mise en place d'un tronc commun pour tous les élèves jusque 16 ans. Ce tronc commun enseignera des compétences techniques et générales. C'est ce modèle qui permet à la Finlande de jouir de l'enseignement non seulement le moins inégalitaire en Europe, mais aussi de l'enseignement le plus performant et ce quel que soit le niveau scolaire.

Un souci récurrent des parents et un déterminant important de la réussite est le nombre d'élèves par classe et plus spécialement dans l'enseignement fondamental. Comme le démontre une des études les plus larges réalisée aux Etats-Unis, l'étude STAR, il y a un lien direct entre le nombre d'élèves par classe et la réussite scolaire, et ce, même dans les années secondaires. En d'autres termes, plus le nombre d'élèves par classe est élevé, plus ce sont les enfants des couches populaires qui ratent leurs études. Le PTB+ préconise la mise en place de classes de maximum 15 élèves dans le fondamental. Ce qui doit mener à l'embauche de 150 instituteurs afin de garantir ces normes pour les 9800 élèves des écoles fondamentales de la Ville de Liège.

Le PTB+ préconise aussi une simplification administrative pour les commandes matérielles pour l'enseignement. A ce sujet, il propose que la gestion des bâtiments publics de l'enseignement communal liégeois revienne sous la compétence exclusive de l'échevin de l'instruction publique.

Pour la rénovation des bâtiments scolaires, le PTB+ soutient la mise sur pied d'une société publique de construction et de rénovation de logements publics. Cette même société pourra également être sollicitée pour l'entretien des bâtiments scolaires de la Ville de Liège. Le PTB+ rappelle sa proposition de la (re)mise sur pied d'une banque publique de manière à financer en partie les capitaux de départ de cette entreprise publique construite sur une base intercommunale.

Propositions du PTB+

  1. La ville de Liège doit œuvrer à la gratuité effective de son enseignement.
  2. 15 élèves pas classe maximum dans l'enseignement fondamental liégeois. Embauche de 150 instituteurs(trices ) pour pouvoir assurer ce cadre.
  3. Rénovation urgente des bâtiments scolaires de la Ville.
  4. Mise en place d'un tronc commun jusqu'à 16 ans, à l'image de l'enseignement le plus performant en Europe qu'est le modèle finlandais.
  5. Simplification des procédures de commande de matériel pour le personnel enseignant. Octroi des compétences des bâtiments scolaires à un seul échevinat.
  6. La Ville doit développer son réseau de soutien aux écoles : CPMS, bâtiments pour classes vertes, cellule informatique pour gérer le parc informatique dans les écoles, une cellule administrative qui aide les directions du fondamental dans la gestion de leur école.
  7. La Ville doit développer les complexes sportifs qui sont dans un état de délabrement équivalent à celui des écoles : il n'y a par exemple plus de piscine publique dans le centre de Liège ! (Outremeuse et Grivegnée).

Au niveau de la fédération Wallonie-Bruxelles, le PTB+ se bat pour :

  • De solides investissements dans l’enseignement. Pour un budget de l’enseignement représentant au minimum 7 % du produit intérieur brut. En guise de premier pas, le gouvernement doit adapter la loi de financement des Communautés et accroître de 5 milliards d’euros les dotations de l’enseignement (néerlandophone et francophone).
  • Un financement des universités et des hautes écoles attribué en fonction des besoins et non selon des «enveloppes» arbitraires. Ce financement doit être public.
  • La fusion des réseaux en un seul service public. Programme et objectifs nationaux. Et pas d’examens d’entrée dans le supérieur.