Droit à un environnement sain, à une ville durable et aux espaces verts

Constats

Les atteintes à l'environnement, le réchauffement climatique sont des problèmes majeurs qui requièrent des solutions urgentes, collectives et globales. Avant 2050, les émissions de gaz à effet de serre doivent être réduites au moins de moitié. Aussi au niveau communal, des mesures sont elles possibles.

Vision du PTB+

Un plan ambitieux d'isolation des habitations, à commencer par les logements et bâtiments publics

Bien des habitations en cité ardente sont encore mal isolées. En Wallonie, trois habitations sur dix n'ont pas de double vitrage, quatre sur dix sont dépourvues d'isolation de la toiture et six sur dix d'isolation murale. Bien des habitations ne sont pas encore équipées de chaudières performantes, bien que celles-ci soient aisément disponibles techniquement. Voilà un immense terrain pour économiser massivement de l'énergie. La plupart des gens seraient d'accord d'investir pour économiser l'énergie, mais ils manquent de moyens.

Un plan ambitieux est nécessaire pour mettre en oeuvre dans l'ensemble du parc immobilier ce programme d'isolation gratuite pour toutes les maisons et bureaux. Cette mesure allégerait la facture énergétique de la population, améliorerait les maisons et créerait de nombreux emplois.

Les Régions doivent fournir des prêts sans intérêt. Le remboursement se fait sur base des économies d'énergie réalisées. La facture d'énergie des ménages sera moins élevée en raison de l'économie d'énergie réalisée et ces économies permettront de rembourser le prêt.

La société de construction et de rénovation de logement public communal peut contribuer à ce plan par la construction de maisons isolées et la rénovation dans ce sens d'habitations existantes. Cette société pourra également contribuer à la rénovation de tous les bâtiments publics dans ce sens. Certains bâtiments publics sont de véritables passoires caloriques. Notons à ce sujet que 18.6 % des liégeois sondés dans l'enquête du PTB+ veulent voir les bâtiments publics rendus écologiques.

Non aux nouvelles taxes poubelles au nom du coût-vérité

D'ici 2013, sur injonction de la commission européenne, les communes belges devront appliquer le « coût-vérité » du traitement des déchets. Avec un surcoût qui pourrait monter à environ 250 euros par an suivant les communes.

Le « coût-vérité », sous prétexte de justice sociale et d'écologie, consiste à faire payer à tout le monde le coût réel du processus collecte-transport-tri-traitement-élimination des déchets selon le principe du pollueur payeur. Mais 250 euros par an pèsent beaucoup plus lourdement pour un revenu de 1600 euros par mois d'un travailleur que pour un revenu de 20000 euros par mois d'un patron du Bel20. Le « coût-vérité » émane d’une logique libérale à l’opposé de celle du service public.

Cette mesure vient en application d'une directive européenne de 2006, mise en pratique par la Région wallonne depuis le 1er janvier 2008. Le coût des déchets devra petit à petit être répercuté totalement sur le citoyen en passant de 75 % du coût total en 2008 jusqu'à 110 % en 2013. La mesure vise, tout comme c'est le cas avec la distribution de l'eau, à rendre le secteur intéressant

pour les multinationales privées du secteur des services comme Suez Environnement, filiale de GDF Suez. Au lieu d'encourager de soit-disant comportements responsables, c'est-à-dire sanctionner financièrement celui qui ne peut pas s'offrir le luxe d'acheter des produits plus écologiques, le PTB+ voudrait sanctionner directement les entreprises irresponsables qui produisent les déchets et qui polluent les supermarchés avec du triple emballage.

Certes, les déchets sont parfois un mal inévitable. Leur enlèvement et leur traitement devraient donc être conçus comme un service public à faible coût pour le citoyen. Dès lors, pourquoi ne pas faire payer plutôt le coût du traitement de ces déchets par les entreprises qui les génèrent et qui en tirent profit comme l'industrie du plastique, les grandes multinationales de l'alimentaire et les grosses chaînes de distribution? Ce serait une vraie application du pollueur-payeur, car ce ne sont pas les simples citoyens qui décident de ces emballages.

L'eau, domaine public

Le prix de l'eau augmente sans cesse. Raison majeure : l'évolution du coût de l'assainissement. A la base, la ressource en eau est gratuite, mais elle doit être captée, subir différents traitements et contrôles de qualité, être acheminée à travers un réseau installé et entretenu. L'eau doit être ensuite collectée par les égouts et conduite vers les stations d'épuration pour y être épurée et rejetée à la rivière. Le coût réel de l'eau – que l'on appelle aussi « coût-vérité » – est le coût de tout ce parcours et de ces services.

A Liège, c'est la Compagnie Intercommunale Liégeoise des Eaux (la CILE) qui gère la production et la distribution des eaux. Elle est dépendante de la Société wallonne des eaux (SWE). La structure tarifaire de l'eau est la même partout en Wallonie : Coût-Vérité à la Distribution (CVD) + Coût-Vérité à l'Assainissement (CVA)+ fonds social + TVA. Le CVD (Coût Vérité Distribution) a été augmenté de 1,67 euros/ m3 à 2,4 euros/m3. Une augmentation expliquée par l'augmentation des prix de l'énergie. Le CVA (Coût Vérité Assainissement) augmente de façon continue depuis quelques années. La Région justifie cette augmentation par la nécessité de résorber le retard de la Wallonie en matière d'assainissement des eaux usées afin de se conformer aux exigences européennes. Toutes ces augmentations s'expliquent parce que l'Union européenne veut que le consommateur paie un prix incluant tous les coûts liés au cycle de l'eau potable depuis son captage jusque et y compris son assainissement après son usage.

Auparavant la fourniture d'eau était un service public accessible à tous. Mais l'Union européenne veut autoriser l'accès du secteur aux vautours du privé comme la multinationale Suez. Mais pour que le morceau soit attractif pour le privé, il faut que le prix payé par le consommateur soit suffisamment élevé. D'où l'instauration du coût vérité.

Les particules fines : le tueur silencieux

Un risque accru de maladies cardiovasculaires est prouvé quand on est exposé régulièrement à une forte concentration en particules fines. Or, la ville de Liège est particulièrement exposée avec des noeuds autoroutiers aux abords, près du centre-ville (Laveu, Guillemins,...) et les industries le long de la Meuse.

Aux Pays-Bas, depuis des années, existe un filtre à particules obligatoire pour tous les camions. Car ceux-ci rejettent en très grandes quantités les particules fines les plus dangereuses. Il est urgent de prendre une telle mesure chez nous aussi. La ville de Liège devrait interpeller les autorités compétentes à ce sujet.

Propositions du PTB+

  1. Un plan ambitieux pour mettre en œuvre un programme d'isolation gratuite pour l'ensemble du parc immobilier.
  2. Le retrait du décret qui vise à faire payer aux habitants en 2013, 100 % des coûts réels des déchets. L'enlèvement et le traitement des déchets doivent rester un service public à faible coût pour le citoyen.
  3. Prise en main à la source de la production de déchet en réglementant les industries des produits de consommation et le secteur de la distribution.
  4. Maintenir le caractère public du secteur de l'eau contre toute tentative de libéralisation. Une fixation stable des prix pour les consommateurs pour l'utilisation domestique de l'eau en cas de consommation raisonnable.
  5. Augmenter la surface d’espaces verts accessibles au public - en particulier dans les quartiers densément peuplés - via des projets participatifs avec les riverains
  6. Introduire un filtre à particules obligatoire pour tous les camions .
  7. Augmenter le nombre de mesures en particule fines et les rendre publique.
  8. Interdire la construction de nouvelles centrales au charbon.