Droit à une ville «enfants admis»

Constats

La ville de Liège dispose de 492 places en crèche communale sur son territoire. Alors que le taux de couverture conseillé par l'Europe est de 33 % (1), il n'est que de 24.5% à Liège. Soit 8.5 points en dessous des recommandations internationales. Cette situation est d'autant plus pénible que Liège-ville, comme métropole et pourvoyeuse d'emploi, voit 30% de ses lits occupés par des non résidents sur la ville de Liège.

Dois-je inscrire mon enfant avant de le concevoir ?

Celles et ceux qui ont des enfants ont fait l'expérience de ces carences : concilier le travail (ou la recherche d'emploi) et l'éducation, la garde ou l'accueil de ses enfants ne se fait pas sans difficultés. Les entreprises demandent de plus en plus de flexibilité avec des horaires de plus en plus variables. Et ceci, alors que les places d'accueil pour la petite enfance sont faibles. En Wallonie, le temps d'attente moyen est de plus d'un an. Il faut parfois réserver une place en crèche avant même la conception de l'enfant ! C'est ce qui explique sûrement pourquoi 28.6% des liégeois ont, lors de l'enquête du PTB, plébiscité la proposition suivante : « Pour favoriser l'emploi des femmes et des chefs de ménages monoparentaux, il faut augmenter l'offre des crèches communales et des garderies ».

Ce sont les femmes qui sont le plus souvent touchées par ce manque d'offre. La situation est d'autant plus préoccupante que Liège est une des villes de Wallonie qui connaît le plus haut taux de familles monoparentales. On se retrouve ainsi devant des piège à l'emploi qui voient des jeunes femmes avec enfants dans l'impossibilité de chercher un emploi parce qu'elles doivent assumer la garde de leur enfants et qu'elles sont dans l'impossibilité de trouver une place dans une crèche.

Les gouvernements de la Communauté française et de la Région wallonne n'ont créé que 6000 places, alors que les plans annoncés parlaient de 10000 places d'ici 2010. L'inscription dans les crèches reste souvent difficile, les listes d'attentes s'allongent à l'infini et les tarifs grimpent en flèche. Les crèches ONE sont insuffisantes et les crèches indépendantes trop chères pour beaucoup de travailleurs. Quant à l'extension des titres service à la garde d'enfants à domicile, elle ne tient pas compte des revenus des parents et ne garantit pas la formation des personnes chargées de la garde.

Les enfants de Liège ont-ils suffisamment d'aires pour respirer et jouer ?

Au niveau des plaines de jeu, le PTB+ regrette le manque de nouvelles infrastructures, spécialement dans les quartiers à haute densité de populations comme Saint-Léonard (qui ne compte que 4 aires de jeux), Outremeuse (3 aires) et St Marguerite (2 aires). 46 aires de jeu pour une population très urbanisée de près de 200.000 habitants est insuffisant. Le PTB+ demande à ce que soit reprise une aire de jeu dans le cadre du réaménagement de la place de l'Yser suite au déménagement du théâtre de la Place.

Vision du PTB+

Des solutions collectives doivent être mises en place pour répondre aux besoins, basées sur la solidarité entre les personnes et garantissant le bien-être des enfants.

Pour une augmentation substantielle de l'offre

Ce qui signifie la création de nouvelles structures d'accueil de l'enfance proches du domicile, accessibles financièrement et de qualité. Le personnel doit être professionnel, avec un emploi stable, statutaire et correctement rémunéré.

Pour une extension des horaires

Chaque enfant devrait avoir droit à un accueil durable et de qualité, quels que soient son état de santé, la situation économique de ses parents et leurs lieux d'habitation. Les pouvoirs publics doivent adapter l'offre des crèches à la flexibilité accrue demandée par une grande partie du patronat. De plus en plus, il est demandé aux travailleurs de prester des heures supplémentaires, de travailler en horaire coupé ou en équipe. Cette flexibilité subie ne doit pas retomber sur les épaules des parents. Pour se faire, il importe d'élargir les heures d'ouverture des crèches. Actuellement limitée de 7 h à 18 h (voire parfois 19h), le PTB+ demande l'extension des horaires de 5 h à 21 h pour 25 % des lits.

Pour une réelle progressivité des coûts

Au niveau de la contribution parentale, le PTB+ demande la mise en place de mécanismes plus équitables. En effet, le plafonnement de la progressivité de la contribution à un salaire net de 5686 euros par mois combiné à une défiscalisation des frais de crèche accessible seulement pour les plus hauts revenus font que ce sont les familles les plus aisées qui proportionnellement paient le moins pour la garde des enfants. L'échelle de progressivité doit donc prendre en compte a posteriori les défiscalisations pour être plus juste. L'élargissement de l'offre publique est aussi la meilleure réponse aux coûts exorbitants pratiqués dans certaines crèches privées. Enfin, les ménages qui se trouvent sous le seuil de pauvreté doivent être exonéré de contribution financière.

Propositions du PTB+

  1. Création de structures collectives et flexibles dans la commune: 300 nouvelles places d'accueil sont nécessaire pour obtenir le taux de couverture de 33 % recommandés par les instances internationales.
  2. Les travailleurs du secteur doivent avoir un statut unique et des revenus proches de ceux des institutrices.
  3. Interdiction des titres services dans l'accueil des enfants.
  4. L'accueil doit être accessible à tous à des tarifs liés aux revenus.
  5. A côté des crèches, une halte garderie par quartier, accessible à tous. Cela permettrait aux parents de souffler, de faire des courses, le ménage ou simplement avoir un peu de temps pour soi. Ces services devraient être reconnus car ils sont utiles pour les parents et permettent à l'enfant de se sociabiliser.
  6. Au minimum 3 % d'espace de jeux en plein air dans chaque quartier résidentiel, plus particulièrement dans les quartiers à haute densité de population.

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1 : Soit le nombre de lits disponibles divisé par le nombre d'enfants en âge d'aller à la crèche.