Introduction : Prendre parti pour une ville à la mesure des gens

Introduction : Prendre parti pour une ville à la mesure des gens

Liège, ville rebelle et ardente, forgée au rythme des conquêtes du monde du travail dans son extraordinaire diversité. Liège, et son tissu associatif et culturel d’une rare densité, ville toujours en résistance face aux puissances de ceux qui voudraient la dominer. Ce n’est donc pas un hasard si elle a été un des endroits majeurs de la percée du PTB en 2012. Déjà implanté et présent au conseil communal de Herstal depuis 2000 et de Seraing depuis 2006, l'année 2012 a vu l'arrivée du PTB à Liège avec l’élection de deux élus communaux et d'un conseiller au CPAS.

Nous avions averti dès le début de notre mandat, le PTB mènerait l’opposition différemment. Nous « ouvrirons les fenêtres du Conseil communal » avions-nous dit et 6 ans plus tard, nous pouvons dire que nous avons tenu parole. Le PTB, pas moins de 17 fois, a appelé à se mobiliser devant l'hôtel de ville, sur des sujets aussi diversifiés que les travaux dans les logements sociaux de la cité Terwagne, jusqu’à l’introduction du conteneur à puce pour la collecte des déchets, en passant par la mise en place de dispositifs anti-SDF dans les abribus de la ville. C’est la mise en pratique de notre principe « Rue-Conseil-Rue »  : nous partons de la rue et des revendications des gens, nous organisons la résistance par une action devant le conseil, ensuite nous retournons rendre des comptes devant les gens.

Nous allions mobiliser, et nous avons tenu parole. C’est la raison pour laquelle nous avons été particulièrement choqués lorsque, en octobre 2013, à l’occasion d’une manifestation contre le traité d’austérité européen (le TSCG) qui allait durement toucher les communes, organisée notamment par la FGTB, la CSC, ATTAC … et à laquelle participaient évidemment les élus du PTB, le bourgmestre Willy Demeyer avait osé qualifier ces mobilisations de « méthodes dignes de Rex », le mouvement d’extrême droite des années 30. Le bourgmestre ne doit décidément plus connaître la différence entre sa gauche et sa droite parce que, bien au contraire, la mobilisation populaire constitue précisément une part importante de l’ADN d’une gauche de combat et de rupture. Comment sans cela, aurions-nous obtenu le droit de vote, les congés payés et la journée de travail de 8 heures ?

Ce sont d’ailleurs ces mobilisations qui ont obligé les autorités communales à revoir leur copie concernant la mise en place de la collecte des déchets ménagers par conteneurs à puce. Elles avaient pourtant déjà signé un accord en ce sens avec l’intercommunale Intradel en octobre 2013. Dès le départ, le PTB avait tiré la sonnette d’alarme : le conteneur à puce n’est pas adapté à une ville comme Liège où seulement 3 % des gens vivent dans des habitations 4 façades dans lesquelles le stockage du conteneur à puce est évidemment plus facile. Que doivent faire les gens qui vivent dans de petits appartements ? Quelles seraient les conséquences en matière de coût ? A Herstal et à Seraing, la mise en place du système a mené à de fortes hausses de prix vu le nombre limité de kilos de déchets compris dans le forfait de base. Une pétition du PTB a récolté plus de 1000 signatures en quelques semaines pour s’opposer à ce système inéquitable. En février 2014, les autorités communales décidaient de se ranger à l’argumentation du PTB et de ne plus imposer ce système socialement injuste, tout en diminuant la taxe déchet de 15 euros. Une belle victoire pour la mobilisation populaire. Bien sûr, il faut encourager les citoyens au tri des déchets, mais il faut le faire de manière socialement responsable et pas au profit exclusif de multinationales comme Suez Environnement qui font des millions d'euros de bénéfices sur le dos des « citoyens-trieurs ». Plusieurs propositions de lutte contre ce type de profits seront développées dans notre programme.

Le PTB a également amené des propositions visant à trouver des solutions rapides à des problèmes concrets. Et parfois, le collège communal a suivi, ce dont nous nous réjouissons. Ainsi par exemple, suite à notre demande, les autorités de la ville ont installé des toilettes publiques dans les parcs pendant les mois d’été, répondant ainsi à un manque évident, notamment pour les familles avec enfants. Nous espérons d’ailleurs voir ce dispositif provisoire élargi à d’autres parcs de la ville et ceci de manière durable.

La pollution aux particules fines a retenu toute notre attention. C'est avec satisfaction que nous avons appris la mise en place, sous la pression du PTB, d’une 3e station de mesure de particules fines dans le centre de Liège. Elle nous aidera à mieux connaître l'état de pollution de notre ville. Mais nous souhaitons en installer davantage, et surtout mener une politique qui favorise la diminution du nombre de ces particules dans l'air, comme la réduction de la pression automobile et de la vitesse de circulation dans les quartiers.

Le PTB a régulièrement introduit des motions visant à lutter contre les conséquences néfastes des mesures d’austérité du gouvernement MR-NVA sur les finances de la ville et sur la situation sociale des liégeois. Par exemple en déposant une motion « Liège zone hors service communautaire » visant à ne pas obliger les personnes émergeant au CPAS à travailler gratuitement afin de préserver leur droit. Cette motion a été votée par une majorité du conseil communal, malgré un vote contre du MR et du CDH... Évidemment !

Le PTB est un des seuls partis à avoir souvent abordé des points qui « traditionnellement  » ne se discutent jamais au sein du conseil, comme les logements sociaux ou l'emploi public. Nos interpellations, en symbiose avec les actions des habitants eux-mêmes comme ce fût le cas des habitants de la cité Terwagne en lutte pour obtenir une isolation optimale de leur habitation, ont mis en évidence l'état de délabrement de certaines habitations sociales. Nous avons également dénoncé l'état de l’emploi public au sein de la ville et du CPAS, les conditions de travail de nos pompiers ou encore celui du personnel infirmier dans les hôpitaux dont la ville est partie prenante comme le CHR. Tant de sujets que les partis de la majorité auraient préféré ne pas voir discutés au conseil communal car, selon eux, ne ‘relevant pas explicitement de la commune’ (sic). Mais nous avons continué à taper sur le clou, parce que c’est le rôle des élus du PTB de continuer à défendre les travailleurs.

Reconquérir la ville !

Il est temps de reconquérir la ville ! Il est temps que l’on mette en œuvre une politique urbaine globale permettant à chaque ville de faire valoir ses atouts. Une politique cohérente avec une vision globale en matière d’investissement et de développement. Une vision globale impliquant partout une même taxe communale et une même taxe sur la force motrice ainsi qu’un refinancement des villes. Et non une politique qui monte les villes les unes contre les autres dans une bataille concurrentielle absurde et ruineuse.

Il est grand temps que la ville retrouve son statut de cité et cesse d’être considérée comme un outil de marketing. La ville est le lieu où les citoyens vivent ensemble, où ils habitent, où ils travaillent et se divertissent. Le mot « commune » vient d’ailleurs du terme « communauté ». Une commune n’est pas un supermarché. Une administration communale doit veiller à ce que tous les habitants aient un logement convenable, des conditions de vie décentes, qu’ils puissent se déplacer aisément et se divertir. Les besoins des habitants doivent être la priorité de la commune.

Nous voulons des quartiers intégrés avec des logements abordables, des écoles de qualité à proximité, des maisons médicales sur le modèle de celles de Médecine pour le Peuple. Des quartiers où réapparaissent les bureaux de poste, les bibliothèques, les maisons de jeunes, les espaces verts et les aires de jeux. 

Mais pour cela, il faut que les autorités communales croient dans les forces créatives et mobilisatrices des habitants mêmes de la ville. Des travailleurs, des jeunes, des artistes, des pensionnés … Liège a de l’énergie à revendre. Il faut arrêter de laisser la redynamisation de notre ville aux mains d'acteurs immobiliers importants derrière lesquels se cachent les plus grandes fortunes belges.

Le PTB fera tout pour aller dans ce sens dans les années à venir. Le programme que vous avez dans vos mains est un programme de lutte. Ce n’est pas en restant dans le carcan de l’austérité et du « TINA » (There Is No Alternative) néo-libéral que nous pourrons libérer nos villes. Nous vivons dans le 7ème pays le plus riche au monde. Chaque année, plus de 400 milliards de richesse sont produites dans notre pays. Non, il pas de fatalité à la pauvreté et au sous financement de nos institutions publiques communales. Les riches plus riches, les pauvres plus pauvres. Cette philosophie du capitalisme s’applique aussi dans et entre nos villes. C’est cette logique du système capitaliste que nous voulons combattre. En luttant pour un monde nouveau, en luttant pour un vrai socialisme 2.0. Et cette lutte commence à l’échelon local. Une lutte qui n’acceptera pas les carcans austéritaires imposés par les autorités fédérales et régionales. Utopique comme combat ? « L’utopie d’aujourd’hui est la réalité de demain », disait Victor Hugo. Il fût un temps pas si lointain où des propositions comme donner le droit de vote communal aux ouvriers, mettre sur pied un CPAS, organiser un enseignement communal public démocratique et accessible ou encore construire des logements sociaux étaient qualifiées d’utopiques. Heureusement elles sont devenues les réalités d’aujourd’hui.

Ce chapitre traite des différentes propositions que le PTB présente au niveau de la ville de Liège. Comme vous l’aurez remarqué, différentes mesures dans notre programme relèvent de compétences régionales ou fédérales. De même, il est régulièrement fait référence à une lutte « municipale » de la ville de Liège envers d’autres niveaux de pouvoir. De plus en plus de compétences communales sont en fait mises sous tutelle par d’autres niveaux de pouvoir qui imposent leur politique aux communes, aux CPAS ou encore aux polices communales. Coût vérité pour les déchets, réforme des zones de police, Plan de gestion, … on ne compte plus les mesures restreignant gravement l’autonomie communale. Cette évolution prend particulièrement son sens lors de discussions sur les alternatives budgétaires. Depuis la crise des années 80, les niveaux de pouvoir supra-communaux imposent de plus en plus des mécanismes d’austérité aux échelons locaux. Ainsi, par exemple, la réforme du Tax-Shift votée par les partis de droite au niveau fédéral en 2015, induit une perte de recettes pour la ville de Liège. A la demande du conseiller PTB Raoul Hedebouw, les chiffres de ces pertes ont été communiqués : 162.000 euros en 2016, 737.000 en 2017, 824.000 en 2018, 480.500 en 2019, 1.4 millions en 2020 et 944.000 euros en 2021. soit 11 millions de pertes cumulées pour le budget de la ville de Liège. Il en va de même avec le sous financement du fonds des communes par exemple. Il est évidemment hors de question pour le PTB de s’enfermer dans ce carcan budgétaire et de politiquement décider de se limiter docilement à l’application de cette austérité à l’échelon local et de devoir choisir entre la peste et le choléra. Le PTB est un parti de lutte et de résistance, au niveau des travailleurs mais aussi au niveau des communes. Lors des conseils communaux, nous avons régulièrement déposé des motions proposant que la ville de Liège prenne en main une « fronde municipale » contre ces mesures d’austérité décidées par les autorités de tutelle. J-A-M-A-I-S nous n'avons été suivis par les partis de la majorité PS – CDH pour la bonne et simple raison que cette autorité de tutelle était politiquement de couleur … PS-CDH ! Il est dès lors pour le PTB impensable de se limiter à ce carcan.

Néanmoins, malgré ce carcan austéritaire, des possibilités existent également au niveau de la ville de Liège. Elles font par exemple l’objet du chapitre « Fiscalité » développé plus loin. « Là ou il y a une volonté, il y a un chemin ». L’avenir de notre ville, nous le rêvons aussi sous le signe de la lutte pour dépasser ce carcan néo-libéral. Pour gagner ces combats, nous devrons donc être nombreuse et nombreux. Pour gagner ces combats, nous devrons être organisés.

Venez nous aider à (re)conquérir la ville de Liège !

Raoul Hedebouw et Sophie Lecron

Ont aidé à écrire ce programme : Rafik, Adrian, Cédric, Laura, Antonio, François, Évelyne, Léa, Sophie, Babs, Céline, Christophe, Mehdi, Vinz, Damien, Jean-Christophe, Mik, Sarah, Andrée, Denis, Bernadette, Hubert, Louise et Jean-Marc.

 

 

 

Liège, cité ardente et rebelle abandonnée aux mains du marché libéral

Pendant plus de 150 000 ans, l’homme, l’Homo sapiens, a vécu en petits groupes de chasseurs cueilleurs. Ce n’est que bien plus tard, c’est-à-dire il y a moins de 10 000 ans, que ces sociétés primitives ont commencé à développer de nouvelles techniques et que les choses ont changé. Les tribus nomades sont devenues sédentaires, culture et élevage ont pris le dessus. À partir de là, les techniques ont évolué très vite : canaux d’irrigation, fertilisation, animaux de trait, charrues à roues, voiliers, cuivre, bronze, verre, calendriers solaires, écriture, système numérique… La population augmente ; l’homme peut produire bien plus que les quantités nécessaires et constituer une réserve en cas de mauvaise récolte et mauvaises conditions climatiques. Ce surplus est stocké et conservé par un groupe de personnes qui se l’approprie. C’est à ce moment-là que la société se divise en classes. C’est également à cette période, il y a 5 000 ans environ, qu’apparaissent les premières villes. La ville a toujours été un lieu marqué par les différences de classes. Le contraste entre propriétaires et démunis a traversé toutes les villes, des antiques cités sur le Nil, le Fleuve jaune et le Mékong aux cités esclavagistes, comme Athènes et Rome, jusqu’aux villes féodales comme Liège.

Le conflit entre riches et pauvres a toujours existé et existe encore aujourd’hui. Ville et société ne sont pas dissociées, la ville n’est pas un lieu neutre. Chasse aux chômeurs, traque des malades de longue durée poussés sous le seuil de pauvreté, attaques contre les pensionnés, toutes ces mesures prises par le gouvernement fédéral ont des répercussions jusque dans la ville. C’est également le cas des mesures d’économies décidées par le gouvernement wallon aux TEC, pour les logements sociaux, l’enseignement, la culture, etc. Proposer une alternative pour la ville n’est possible que dans un cadre plus vaste, il faut pour cela également proposer une alternative sociale, car la ville ne peut à elle seule résoudre tous les problèmes.

Austérité et concurrence entre les villes

En 1973, une crise économique éclate provoquant de nouveau un chômage massif. Les grandes villes sont confrontées à de nouveaux problèmes, elles doivent faire face à un important taux de pauvreté. Augmentation des dépenses sociales et diminution des recettes fiscales confrontent très rapidement les grandes villes wallonnes à un grand problème de remboursement de dette. Dans les années 80, la ville de Liège est soumise à un programme drastique libéral de privatisation et de diminution du personnel du service public communal. Un plan d’austérité appliqué avec zèle par des partis se réclamant pourtant de la gauche, à savoir le Parti Socialiste et le parti Ecolo. Malgré les luttes sociales et les grèves de l’époque, la majorité rouge-verte réduit l’emploi public de 33 % en 1983 et jusqu’à 45 % en 1993. Les salaires des fonctionnaires sont diminués de 15 à 20 % et le temps de travail augmenté de quelques heures. Tout cela pour assurer le remboursement de la dette à des banques n’hésitant pas à exiger des taux d’intérêts de plus de 10 % aux communes dans le besoin. Un transfert de millions d’euros grâce à des mécanismes parallèles à ceux dont sont victimes aujourd’hui encore les pays du sud de l’Europe ou encore du tiers monde. Aujourd’hui encore, la ville de Liège est toujours sous plan de gestion contrôlé à partir du CRAC, le Centre régional d’Aide aux communes. En échange de prêts financiers, ce petit « FMI des communes et villes de Wallonie » impose une gestion libérale des communes wallonnes.
Au début des années 2000, les choses changent. Les finances étant assainies dans les grandes villes wallonnes, se pose la question du développement futur de nos villes. Quelle voie suivre pour assurer ‘un renouveau de la ville de Liège ‘ ? Force est de constater qu’une vague néolibérale déferle sur les villes. Elles doivent désormais accroître leur prospérité en devenant « compétitives ». Le maître mot est lâché ! Autrement dit, elles doivent entrer en concurrence les unes avec les autres. Dans tous les partis, il règne une grande unanimité sur cette vision néolibérale, cette vision marchande de la ville est désormais de bon ton.

« A plat ventre » pour les investisseurs immobiliers

Cette vision marchande implique une concurrence entre les villes — y compris au niveau international — à coup de grands projets, « flagship projects », et au travers de campagnes promotionnelles faisant valoir leurs atouts sur les plans résidentiel, commercial et touristique. La ville n’hésite pas à vendre ses espaces et ses terrains aux promoteurs privés à qui elle confie les commandes. Ce sont eux qui vont faire prospérer les villes ! Avec leurs constructions prestigieuses, ils vont attirer une « nouvelle classe moyenne », convaincre une armada croissante d’étudiants étrangers à venir s’installer dans la ville et appâter les grandes entreprises et prestataires de services financiers pour les convaincre de s’implanter dans les parcs d’activités et zonings. Comme le dit Jean-Christophe Peterkenne, bras droit du Bourgmestre de la ville monsieur Demeyer : « Sérieusement, si vous venez à Liège, touriste, investisseur, étudiant, créatif … on va se mettre à plat ventre pour vous ». C’est bien là où est le problème : c’est pour les habitants de la ville que les autorités devraient se mettre à plat ventre.
Liège, Herstal, Seraing, Flémalle, Charleroi, Namur … Toutes les villes wallonnes entrent dans le jeu de la concurrence. C’est désormais à Cannes, lors du célèbre et coûteux MIPIM, Marché International des Professionnels de l’Immobilier, que se dessine l’avenir immobilier de notre ville de Liège. Les bourgmestres socialistes de la région liégeoise s’y bousculent pour y vendre nos villes et y attirer les grands investisseurs immobiliers. Dont le but est évidemment de se faire du fric, du fric et encore du fric. Prenons l’Éco-Quartier de Coronmeuse dont 90 % des 1500 logements seront des logements de haut standing… 90 % ! Et ce, alors qu'avoir des logements abordables est la plus grande nécessité des liégeois et liégeoises. Des logements de standing dont le but est de faire de gros bénéfices, au profit des familles les plus riches de Belgique. Qui retrouve-t-on dans le consortium chargé de la construction du site ? Jan De Nul, 10e famille la plus riche de Belgique avec 2 milliards de patrimoine. La famille Willemen, 223e et 84 millions de patrimoine. La famille Leclercq-Blaton, 364e famille la plus riche de Belgique et 43 millions de fortune familiale. Même la bourgeoisie française vient s’enrichir avec comme 4e partenaire de ce consortium la famille Rabot Dutilleul, 242e fortune de France et 240 millions d’euros accumulés. Est ce cela l’avenir immobilier de notre ville ? Donner les clés du développement à ces riches familles dont le but n’est que de s’enrichir ?

Liège, terre de résistance au lobby des grands groupes qui veulent privatiser les espaces verts

Nous retrouvons les mêmes mécanismes dans la privatisation voulue des espaces verts dans le domaine de la Chartreuse à Grivegnée. La société immobilière Matexi a déposé en octobre 2017 une demande de permis d’urbanisme pour 74 logements. En quelques semaines, 5 000 riverains et leurs amis ont signé une pétition contre ce projet qui ne tenait pas compte de leur cadre de vie. La Chartreuse est un site classé pour son intérêt patrimonial et environnemental : c’est le plus grand poumon vert de Liège. De plus, une étude d’incidence a démontré que le quartier est incapable d’absorber un augmentation du volume de trafic lié au projet.

Ou encore dans celui du Ry-Ponet à Chênée. Enfin, du côté de Chênée, c’est au lieu-dit du Ry-Ponet et des Haïsses-Piedroux que la société immobilière Neufcour menaçait de bétonner un projet de méga-lotissement. 520 logements étaient prévus au beau milieu de 300 hectares de bosquets, de prairies et de cultures, traversés par le RAVeL, des cavaliers et des promeneurs. De plus, la mobilité n’avait encore une fois pas été prise en considération et le seul moyen d’y parvenir était la voiture … à nouveau sur un axe déjà chargé en heures de pointe. Après des semaines de mobilisation du comité de riverains du Ry-Ponet au conseil communal, que le PTB soutint par une interpellation en mai 2017, et 4 700 lettres de réclamation envoyées à la Ville contre le projet durant l’enquête publique, la société Neufcour retira en septembre sa demande de permis d’urbanisation. La lutte paie.

Ou encore les visées du groupe Vrancken dans le dossier des coteaux de la citadelle. Paul-François Vranken, le n°2 mondial du champagne, convoita cet espace vert chéri des Liégeois pour y installer des vignes. Fin janvier 2012, l’asbl Sauvegarde et avenir des Coteaux de la Citadelle avait recueilli 6 000 signatures contre ce projet marchand qui aurait impliqué la destruction de tout un écosystème et la fin de chemins de ballades appréciés des promeneurs. La Ville avait temporisé avant que le projet ne soit relancé en octobre 2016. Le PTB avait alors interpellé le conseil à ce sujet. Suite à la mobilisation d’asbl environnementales et de riverains, la société Vranken-Pommery avait abandonné son projet. Le PTB restera à l’avenir vigilant.

Chaque fois des promoteurs veulent privatiser des espaces verts en développant des projets qui ne correspondent pas aux besoins des liégeois. Heureusement, chaque fois, la mobilisation citoyenne a pu faire reculer ces différents plans. Ce n’est pas pour rien que le PTB a soutenu ces mouvements de défense du droit à la ville. Que ce soit au conseil communal par de multiples interventions, mais aussi et surtout sur le terrain où nos membres et sympathisants participent activement à ces mobilisations.

On a beaucoup investi dans les projets de prestige, mais où est le cœur social ?

Le collège communal vante à ceux qui veulent l’entendre, tous les investissements effectués dans des grands projets de réaménagements, de gares ou encore de bâtiments. On a beaucoup investi dans l’immobilier, mais où a-t-on investi dans le cœur, dans le social ? Or, les besoins ses, ce n’est pas pour rien que les liégeois ont indiqué en grande majorité la lutte contre la pauvreté comme le problème UNO à résoudre en cité ardente.

Qu’en est-il du bilan des dernières législatures emmenées par le PS et le CDH? C’est là où le bât blesse. 40.000 liégeois vivent sous le seuil de pauvreté, une personne sur 5. Et ce, dans le 7e pays le plus riche au monde ! C’est tout bonnement inacceptable. Entre 2006 et 2018, le nombre de bénéficiaires du Revenu D’intégration Sociale (RIS) a augmenté de 62 % essentiellement à cause des mesures de chasse aux chômeurs décidées par le gouvernement Di Rupo. 62 % d’augmentation, mais la dotation de la ville au CPAS a stagné. Résultat ? Le personnel du CPAS est de plus en plus sous pression devant cette augmentation qu’elle doit gérer avec le même nombre de travailleurs.

Le cœur, c’est aussi le droit au logement. Nous savons à quel point la demande de logements sociaux et de qualité est forte en cité ardente. En 12 ans, la majorité PS – CDH a réussi l’exploit … de diminuer le nombre de logements sociaux de plusieurs centaines d’unités sur le territoire de la ville de Liège. Peu de villes wallonnes ont connu une telle diminution ! Alors que les villes wallonnes s’étaient engagées sous impulsion de la région à atteindre l’objectif de 10 % de logements sociaux et publics, la ville de Liège s’écarte de plus en plus de cet objectif. Au rythme actuel de construction de logements sociaux à Liège, il faudrait 47 ans pour atteindre cet objectif. Une priorité absolue devrait être pour la future majorité d’investir dans ce cœur social du logement. Notamment en mettant sur pied une coopérative publique de construction et rénovation de logement, comme vous pourrez le lire dans notre programme.

Le cœur, c’est aussi l’emploi public et ces milliers de travailleurs qui nous rendent ce service public de qualité. Entre 2006 et 2018, soit sur les 2 dernières législatures, le nombre de travailleurs de la ville de Liège a diminué de plus de 200 postes. Alors qu’il y a tellement de besoins et que tant de jeunes (et moins jeunes) cherchent un emploi dans notre région, la plan de gestion continue d’imposer une réduction du personnel communal. Pour le PTB, c’est exactement l’inverse qu’il faudrait faire. Crèches, écoles, nettoyage des rues, police de proximité … les besoins sont énormes, c’est ici qu’il faut investir.

Scandale Publifin : être payé 500 euros la minute de réunion pour fermer les yeux à une privatisation honteuse de nos intercommunales

Depuis plus d’un siècle, les communes mettent sur pied des structures qui leur permettent de mutualiser des services publics plus performants à une échelle qui dépasse le niveau communal. Ce sont les intercommunales. Elles se structurent dans des domaines les plus variés qui échappent ainsi aux règles du libre-marché capitaliste et visent essentiellement à satisfaire les besoins de la populations comme la récolte des déchets, la production et la distribution de l’énergie, la distribution de l’eau, les soins de santé ou encore les services incendie. Mais depuis des dizaines d’années, sous l’effet de la vague néo-libérale, ces « intercos » sont de plus en plus vidées de leur substance et soumises à la libéralisation du marché. Et c’est précisément ce qui s’est passé avec Publifin qui n’était en fait plus qu’une coquille (publique) vide derrière laquelle se cache la Société Anonyme Nethys fonctionnant tout à fait selon les lois du plus gros bénéfice capitaliste. Et c’est aussi la raison pour laquelle les cadres de Nethys, parmi lequel le ‘socialiste’ Stéphane Moreau, auto-justifie des salaires approchant le million d’euros annuellement. Ces salaires et jetons de présence mirobolants ne sont donc pas de petites erreurs, mais une conséquence logique de l’application de la libéralisation au secteur publique intercommunal. C’est la raison pour laquelle le PTB plaide pour la remise sur pied d’intercommunales 3.0 avec une mission exclusivement publique et beaucoup plus démocratique avec élections directes de représentants du peuple en son sein.

Ces salaires élevés du monde politique ont aussi une influence idéologique indéniable sur les hommes et les femmes censés nous représenter. Comment un bourgmestre d’une grande ville comme Liège peut-il encore sentir ce que vivent les habitants de la ville en gagnant plus de 10.000 euros par mois ? Comme dit le dicton, « celui qui ne vit pas comme il pense, finit par penser comme il vit ». Ce dicton est encore plus vrai pour les représentants de la gauche. C’est la raison pour laquelle les élus du PTB continuent à vivre avec le salaire de travailleur qu’ils avaient avant leur mandat. C’est la raison pour laquelle les élus locaux du PTB reversent l’ensemble de leurs jetons de présence au parti afin qu’il n’y ait pas une différence entre élus et militant de la base de notre parti. Tout le monde milite à fond au PTB pour changer le monde, pourquoi certains gagneraient-ils plus que d’autres dans ce cas ? Cette limitation des rentrées financières permet justement d’éviter que des carriéristes entrent au PTB juste pour s’assurer de belles rentrées et une belle carrière professionnelle.

Nous voulons des quartiers intégrés

Le droit à la ville intègre le droit au logement, le droit aux soins de santé, le droit à l’enseignement, le droit au travail, le droit à la culture, le droit à la participation et à l’espace public. Il faut substituer le tissu social à la soif du gain et du prestige. Nous sommes pour une rénovation et une revalorisation de la ville basées sur une logique publique. Ce que nous défendons c’est un renouvellement intégré. Ce qui implique qu’en plus des espaces verts et des places, on se focalise surtout sur les besoins des habitants. Un quartier intégré est un quartier où les logements sont abordables, où les soins de santé sont accessibles et abordables, où l’enseignement est accessible et de qualité. Un quartier avec des infrastructures publiques en suffisance et proches des gens : bibliothèques, piscines, crèches, plaines de jeux, infrastructures sportives et culturelles, des espaces verts… Un quartier avec des services sociaux de proximité, avec des services d’utilité publique, par exemple des parcs à conteneurs gratuits, des services de transport abordables et, à nouveau, des bureaux de poste et des agences bancaires.

Un quartier intégré, c’est donc pour nous un quartier avec :
• une école de qualité ;
• des logements accessibles à la grande majorité des citoyens (une offre diversifiée incluant des logements à loyers abordables, des logements neufs abordables et des logements sociaux de qualité) ;
• l’accès au gaz, à l’eau et à l’électricité pour tous (interdiction de coupure) ;
• un médecin généraliste, un dentiste et un pharmacien (pour des soins de première ligne de qualité et bon marché) ;
• un bureau de poste (avec accès Internet), une agence bancaire publique et un distributeur automatique de billets ;
• des espaces verts et des aires de jeux en suffisance ;
• une Maison de la Solidarité, une maison de quartier accessible à tous fonctionnant selon le principe « café et papiers » ;
• des cercles et maisons de jeunes ;
• respect et diversité ;
• un parc à conteneurs gratuit et un service d’enlèvement des déchets adéquat ;
• des agents de quartier qui habitent le quartier et connaissent réellement les habitants ;
• une infrastructure de proximité : une bibliothèque de quartier, éventuellement une laverie communale ;
• des transports publics, un service public de vélos partagés (Vélo) et un service public de voitures partagées (Otto) ;
• des petits commerces : coiffeur, boulanger, épicier… 

Notre grande enquête : un dialogue exclusif avec 1538 Liégeois

En novembre 2017, dans le cadre de sa campagne en vue des prochaines élections communales, le PTB a lancé la plus grande enquête jamais menée à Liège par un parti politique. Pendant cinq mois, des centaines de bénévoles ont sillonné les rues par tous les temps pour présenter aux gens une quarantaine de points du programme.
Pas moins de 1538 liégeoise et liégeois ont pris le temps de donner leur avis sur les points à améliorer dans notre cité ardente. Les questions portaient sur dix thèmes : pauvreté, emploi, logement, enseignement, fiscalité, environnement, mobilité, culture & sport, éthique & démocratie, ainsi que diversité et droits égaux.
Il a été demandé aux participants de sélectionner les trois thèmes les plus importants à leurs yeux et, pour chacun des dix thèmes, de cocher la meilleure proposition sur les quatre. Beaucoup de participants ont même suggéré de nouvelles propositions. On leur a également demandé d’indiquer dans quelle mesure ils étaient d’accord ou non avec deux affirmations se rapportant à la politique menée dans la ville. En moyenne, chaque participant a consacré quinze minutes à notre Grande Enquête, ce qui fait au total 23.070 minutes de discussion avec des liégeois, soit près de 400 heures d’échanges intenses au sujet de l’avenir de notre ville.

Une interaction à cette échelle entre un parti politique et la population, c’est du jamais vu. En général lors d’un sondage électoral on interroge en moyenne 800  personnes, principalement par téléphone ou par Internet. Notre enquête nous l’avons menée auprès d’environ 1500 personnes, en faisant principalement du porte-à-porte dans les quartiers. Une bonne moitié des personnes interrogées — 51 % — ont rempli des questionnaires papier présentés par les bénévoles du parti ou tout simplement des amis, connaissances ou collègues. Au moins 700 personnes nous ont donné leur avis en ligne. Vu le nombre de participants, nous pouvons affirmer que les résultats de notre Grande Enquête sont très pertinents pour tous ceux qui sont attachés à notre belle ville de Liège.
Cette Grande Enquête, nous l’avons rédigée avec l’aide de sociologues. De même, les résultats ont été analysés avec la collaboration des membres du département Sociologie de l’université de Louvain. Les participants à notre enquête étaient des personnes de toutes tranches d’âges confondues, ayant des niveaux de formation différents et provenant de différents quartiers de la ville.

Résultat principal de notre enquête C’est la pauvreté qu’il faut chasser, pas les pauvres

La pauvreté est le problème numéro Un à résoudre selon une grande majorité des 1538 liégeois-e-s sondés par le PTB. Les résultats de notre Grande Enquête sont formels : la lutte contre la pauvreté est la priorité absolue pour les Liégeois. Au moins 56 % des participants ont classé la lutte contre la pauvreté dans le top 3 des thèmes les plus importants. C’était le cas dans tous les quartiers, toutes tranches d’âges et catégories professionnelles confondues. Les liégeois ont le cœur grand et solidaire. Ils font preuve d’une grande empathie, y compris ceux qui ne sont pas directement touchés par la pauvreté. Et tous souhaitent que la prochaine administration s’attaque prioritairement à la pauvreté.

Pourtant, on a parfois l’impression que les autorités de la ville ont plus d’attention à éviter que la pauvreté ne se voit dans le paysage liégeois que de prendre à bras le corps le problème même de la pauvreté. Rappelons-nous la construction en avril 2015 du ‘mur de la honte’ par les autorités communales visant à empêcher les SDF de se réfugier du vent et de la pluie place des Carmes. Ou encore l’arrestation des membres du collectif Les Lucioles en novembre 2016 pendant qu’elles étaient en train de distribuer de la nourriture aux démunis au centre-ville. Le bourgmestre leur a demandé « de ne plus organiser ce type de distribution au centre-ville » et les a envoyé dans le fin fond du quartier Saint-Léonard, histoire de préserver l’image du centre-ville. Ou encore le vote du « règlement mendicité » qui oblige les SDF à organiser une rotation dans les différents quartiers pour pouvoir mendier. Dernier événement de ce type : la décision de la ville de Liège d’installer des dispositifs anti-SDF dans les abribus. Toutes ces mesures ne sont pas le fruit du hasard et sont mise en place dans un nombre de plus en plus grand de villes dans le monde, elle vise clairement à éliminer du paysage la pauvreté qui ferait fuir les touristes et les investisseurs. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la revendication «  prioritairement venir en aide aux personnes les plus fragilisées et démunies plutôt que d’investir dans des projets de prestige » a été choisie par 47.2 % des liégeois dans notre grande enquête. Voilà pourquoi le PTB propose la mise en place de ‘maison de la solidarité’ dans tous les quartiers de la ville de Liège.

Après la lutte contre la pauvreté, les trois thèmes classés dans le top 3 par plus de trente % des participants de notre grande enquête sont : le logement (51 %), l’emploi (41 %) et l’environnement (33 %). Moins surprenant est le nombre très élevé de liégeois-e-s qui ont indiqué le problème de la mobilité à la question ouverte « si vous pouviez améliorer une seule chose dans votre commune, que changeriez-vous ? » (32 %). Ici aussi, on n’observe pas de contraste marqué entre les différents groupes de la population.

Ce qui ressort, c’est que les liégeois et liégeoises donnent la priorité à des thèmes sociaux et écologiques et attachent également de l’importance à un cadre de vie sûr. Justement des thèmes trop négligés par l’actuelle administration.
En matière de logement justement, nous avons soumis la thèse suivante aux 1538 liégeois qui ont répondu à notre questionnaire. Que pensez-vous de la proposition suivante : « la politique des autorités communales répond correctement à la crise du logement à Liège ? ». 41.5 % des liégeois nous ont répondu « pas d’accord » et 33.5 % « absolument pas d’accord ».

Comment s’étonner de ce que la proposition « la ville doit lutter contre les logements vides par des mesures adaptées suivant qu’il s’agit de petits propriétaires, gros multi-propriétaires ou agence de location » a recueilli plus de 33.5 % des voix.
Si on se penche un peu plus sur les propositions sélectionnées par thème, on constate que ce sont une nouvelle fois les mesures sociales et écologiques qui ont reçu l’approbation d’un grand nombre de Liégeois.
Avec en tête « l’augmentation du revenu d’intégration jusqu’au seuil de pauvreté » cochée par 26.4 % des participants pour le thème pauvreté. Viennent ensuite « la préservation des espaces verts et la lutte contre leur privatisation » (43.3 %), « embaucher plus d’instituteurs pour atteindre un maximum de 15 élèves par classe » (39.4 %), « limiter le salaire des mandataires politiques à maximum 2 X le salaire moyen d’un travailleur » (39.2 %) ou encore « plus de transports publics dans tous les quartiers et développement de l’intermodalité des transports » (31.4 %).

Tous les résultats de notre Grande Enquête sont incorporés dans le présent programme. Ce programme, c’est donc votre programme.

Prêt.e pour la grande vague du changement social ?