Le PTB s’oppose à la décision du collège PS-MR d’augmenter la taxe-poubelles à Liège de 18 à 50 %

Le PTB a pris connaissance ce samedi de la décision du collège communal de la ville de Liège - un an après son élection - de procéder à une augmentation significative de la taxe-poubelles ou taxe urbaine dans toutes ses formes. De 140 à 165€ pour les ménages et de 85 à 100€ pour les isolés, cela représente une augmentation de 18 %. Les sacs jaunes vont également coûter plus cher en passant de 1€ pièce à 1,50€ soit une augmentation de 50 %. Sophie Lecron, cheffe de groupe PTB au conseil communal réagit «  Nous ne comprenons pas que les Liégeois soient toujours considérés comme des vaches à lait. La collecte et le traitement des déchets doivent redevenir un véritable service public au service du public. L’application du coût-vérité est contraire à toute prise en compte de la réalité financière des ménages liégeois. Le PTB ne compte pas laisser passer cette décision et mobilisera la population liégeoise pour une collecte et un traitement des déchets qui respectent l’environnement et le portefeuille des Liégeois. Les noces de coton du collège PS-MR s'annoncent épineuses pour les Liégeoises et les Liégeois. »

Cette décision est la conséquence « logique » de la décision du conseil d’administration d’Intradel de procéder à une augmentation de 8 % sur trois ans de la facture envoyée aux communes pour le traitement de ses déchets… et de l’application du fameux principe du « coût-vérité ». Et Sophie Lecron d’ajouter « Pourquoi nous contestons ce principe du « coût-vérité » ? Primo, la notion de coût réel est en opposition avec l’idée même de service public. Nous sommes censés payer des taxes en fonction de nos revenus pour financer solidairement des services rendus à toute la population avec la même qualité et quantité. Allons-nous aussi payer le coût réel de nos tickets de train ou de bus ? Imaginons-nous payer les coûts réels de nos soins de santé ? Secundo, la production, la source des déchets n’est que très peu remise en question avec ce système. On préfère pointer le consommateur final que le producteur initial des déchets qui est responsable des sur-emballages, des produits non-recyclables ou non-réutilisables et des obsolescences programmées. Enfin, ce principe, derrière une façade écolo punitive, veut surtout offrir nos poubelles au business international des déchets. Finalement, nos cinq opérations de tri quotidiennes permettent d’offrir grâce à notre main d’œuvre gratuite la matière première à des multinationales comme Veolia, Renewi ou encore Suez. On retrouve les deux dernières en partenariat avec l’intercommunale Intradel dans la gestion de l’unité de valorisation des déchets (UVELIA) à Herstal. Rappelons que Suez a fait un bénéfice net de 335 millions d'euros en 2018 et Renewi de 66 millions d'euros. Ce qui nous a toujours fait dire au PTB : je trie, tu tries, ils empochent »
Enfin, le PTB tient à rappeler que le taux réduit est basé sur les revenus minimaux du chômage ou d’un bénéficiaire du RIS et que ces revenus n’atteignent même pas le seuil de pauvreté européen. Pour Sophie Lecron « Cela confirme l’urgence d’une toute autre réforme de cette taxe urbaine basée sur une véritable progressivité comme nous l’avons déjà défendu lors de plusieurs amendements budgétaires. Nous ne partageons pas l’avis du collège qui pointe les non-liégeois qui seraient responsables de tous les maux de Liège. Beaucoup de familles nombreuses et de ménages précarisés sont dans l’incapacité matérielle de s’acheter des sacs poubelles à 1€ et encore moins à 1,5€. S’il faut intensifier les campagnes de prévention et la sanction des dépôts d’immondices, nous pensons qu’une taxation plus juste est urgente. Non, les liégeois ne sont pas des vaches à lait. »

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