Au conseil communal du 7 septembre 2026, le PTB Liège déposera un point à l'ordre du jour demandant l'instauration d'un moratoire sur l'extension de la zone de stationnement payant sur le territoire de la Ville de Liège. Le PTB s'oppose à un projet qui prévoit la suppression de près de 3000 places de parking gratuites dans les seuls quartiers d'Outremeuse et de Fragnée, dans le cadre d'un plan de triplement annoncé de la zone payante.
Pour le PTB, cette extension représente une charge financière supplémentaire sous-estimée pour toute une série d'usagers : les étudiants et les professeurs des différentes implantations, les travailleurs du secteur des soins de santé n'ayant pas accès à l'abonnement professionnel de stationnement, ainsi que les familles fréquentant régulièrement les académies et bibliothèques de la ville. Le PTB pointe aussi l'absence d'alternative crédible : “Par exemple, on nous dit qu'il faut utiliser l’alternative P+R +Tram comme une réponse. Le hic ? Ça coûte encore plus cher. 2 voyages (aller-retour), ça fait 2 x 2,80€, et il faut ajouter le prix d’une journée au P+R, soit 1,50€, donc un total de 7,10€. Alors qu'une journée de forfait de stationnement en ville coûte 6€.” explique Jonathan Mottard, conseiller communal PTB. À cela s’ajoute le prix du ticket unitaire du TEC qui a déjà augmenté au 1er février 2026, avec de nouvelles hausses possibles liées au contrat de service public 2026-2029.
“Nous ne sommes pas d'accord de faire payer les travailleurs pour l'utilisation de la voiture alors qu'il n'y a pas d'alternative de mobilité à la hauteur”, explique Sophie Lecron, cheffe de groupe PTB à Liège. “Ce projet va frapper de plein fouet le portefeuille de milliers de Liégeoises et de Liégeois, à un moment où le pouvoir d'achat est déjà sous pression. C'est difficile de ne pas voir derrière cette mesure une façon de renflouer les caisses de la ville : elle a d'ailleurs été décidée par le collège PS-MR-Engagés dans son plan de gestion avec la Région pour combler le trou dans les caisses communales.”
Le PTB dénonce le manque de clarté sur l'impact réel de cette mesure et estime que la Ville avance sans étude préalable en profondeur ni concertation avec les usagers.
“Nous demandons que la Ville évalue concrètement les conséquences de cette extension sur les publics concernés avant de l'imposer, et qu'elle étudie de vraies alternatives, financièrement intéressantes pour les usagers. Un projet qui touche à ce point la mobilité du quotidien ne peut pas être décidé sans une réelle concertation, au plus près du terrain. Tant que cette évaluation n'a pas été faite, il faut suspendre la mesure : c'est le sens du point que nous déposons au conseil communal du 7 septembre”, conclut Sophie Lecron.