Les comptes 2025 de la Ville de Liège continuent ... d'inquiéter

Les comptes 2025 de la Ville de Liège continuent ... d'inquiéter

18 mai 2026

Ce 18 mai 2026 les comptes 2025 de la Ville de Liège étaient soumis au vote. L'occasion pour Sophie Lecron, cheffe de groupe, d'exprimer les inquiétudes du PTB quant aux résultats de la comptabilité budgétaire et générale de la Ville. Voici le texte de son intervention.

Monsieur le Bourgmestre, Mesdames et Messieurs les Échevins,

D’abord, je voudrais remercier les services de l’administration qui ont préparé ces comptes 2025. Les comptes sont un outil essentiel de transparence démocratique. Ils permettent d’avoir une vision claire de l’état des finances de la Ville et des choix politiques qui sont posés. Et après les années durant lesquelles nous avons dû fonctionner sans comptes approuvés, nous savons toutes et tous à quel point cette situation n’était pas acceptable. Merci pour votre précieux travail.

Nous avons trois remarques par rapport aux comptes qui nous sont présentés aujourd’hui:

Premièrement, nous constatons que la Ville a été — une fois encore — une “bonne élève” par rapport aux exigences de la Région et du CRAC dans le cadre du plan Oxygène. Les recettes sont encore un peu supérieures aux prévisions budgétaires et les dépenses un peu inférieures.
J’entends bien que cela signifie que nous sommes “dans les clous” de la convention Oxygène. Mais pour le PTB, ce n’est pas une bonne nouvelle.
Parce que derrière ces chiffres, il y a des réalités concrètes : des dépenses de fonctionnement comprimées, des reports, des restrictions, une pression sur le personnel communal, un remplacement insuffisant des départs, et des services qui doivent faire toujours plus avec toujours moins.
On voit également que les communes sont poussées à chercher davantage de recettes locales : taxes, redevances, coûts supportés par les citoyens. Ce mécanisme devient une manière de faire porter localement le poids d’un sous-financement structurel.

Deuxièmement, même si le mali diminue, il reste bien présent. Et cela doit nous inquiéter.
Parce que cela signifie qu’en dépit des efforts demandés à la Ville, aux travailleurs communaux, au tissu associatif et aux citoyens, la situation structurelle reste fragile. Les comptes montrent que l’équilibre reste largement dépendant des mécanismes de soutien régionaux liés au plan Oxygène.
Autrement dit : on demande énormément aux communes, mais sans résoudre le problème de fond du refinancement des villes.

Et troisièmement, nous sommes particulièrement inquiets du manque de perspectives pour 2027 et les années suivantes.
Aujourd’hui, il existe encore énormément d’incertitudes sur la manière dont les communes vont pouvoir fonctionner financièrement à moyen terme. Que se passera-t-il après le plan Oxygène ? Quels moyens structurels seront garantis ? Comment les villes comme Liège pourront-elles continuer à assurer leurs missions sans nouvelles coupes, sans nouvelles taxes ou sans nouvelles attaques contre les services publics ?

Ce flou est extrêmement préoccupant.

Parce qu’une ville comme Liège ne peut pas fonctionner durablement dans une logique de perfusion et de contrôle permanent. Une grande ville populaire a besoin de moyens structurels à la hauteur des besoins sociaux qu’elle assume quotidiennement.

Pour le PTB, le problème est donc profondément politique. Les communes ne peuvent pas continuer à être étranglées financièrement pendant que les gouvernements supérieurs imposent l’austérité et demandent ensuite aux pouvoirs locaux d’en gérer les conséquences sociales.
Nous continuerons à défendre une autre logique, comme nous l’avons fait ces 18 derniers mois aux côtés des organisations syndicales et secteur associatif : refinancer réellement les communes, renforcer les services publics, soutenir le tissu associatif, protéger les travailleurs et arrêter de faire payer la population pour des choix politiques qu’elle subit déjà à tous les niveaux de pouvoir.

Je vous remercie.
Sophie Lecron
Cheffe de groupe PTB