Les Liégeoises et les Liégeois n'arrivent plus à se loger, les prix explosent : que va faire la ville ?

Les Liégeoises et les Liégeois n'arrivent plus à se loger, les prix explosent : que va faire la ville ?

19 octobre 2026

Ce lundi 19 octobre, Sofia Touhami, conseillère communale PTB, interpelle le collège à propos de l'explosion des prix des loyers à Liège. Voici le texte de son interpellation.

Danaé habite sous les toits. Elle a passé un été horrible, coincée par la chaleur. Elle est célibataire, elle travaille à mi-temps. Elle recherche un autre endroit pour vivre, viable. Juste une chambre, mais il faut qu’elle change.

Bilal a un emploi stable, mais avec un salaire bas. La moitié de son salaire passe dans son loyer, pour une chambre, ce n’est pas tenable. Comme Danaé, il épluche les plateformes de location pour trouver un autre appartement, plus abordable.

Ils n’ont pas que leurs loyers comme frais. Le prix des courses augmente, l’essence a explosé et l’alternative de transport en commun deviendra également plus chère en 2027. Sur les plateformes de location immobilière, ils tombent sur :

  • Un appartement une chambre, 64m2, dans le Laveu, 730 euros + 110 euros de charge

  • Un appartement une chambre, 60m2 en Outremeuse, 900 euros + 150 euros de charges

  • Un appartement une chambre, 60m2, à Fragnée, 950 euros !

Le coût des logements à Liège est de plus en plus inabordables. Et ce, dans un cadre où on demande systématiquement aux Liégeois de payer plus, toujours payer plus.
Au moment où le pouvoir d’achat des belges est attaqué de plein fouet, il devient urgent de pouvoir garantir que chacun et chacune puisse avoir un toit accessible et abordable sur sa tête.

Or c’est l’inverse que nous voyons pousser comme des champignons en ville. Des projets de co-housing où la location d’une chambre va de 600 à 800 euros pour 15m2 d’intimité, des prix de loyers complètement débridés qui représentent de plus en plus souvent la moitié du salaire des travailleurs.

Sur le site d’une agence liégeoise qui se spécialise en co-housing, on peut lire ceci : “Maximisation des revenus locatifs : le co-living permet d’optimiser l’espace disponible en accueillant plusieurs locataires dans une même propriété. Cela se traduit par des revenus locatifs plus élevés par rapport à une location traditionnelle à une seule famille ou personne”.  Voulons-nous d’une ville où chacun peut se loger dignement, ou d’une ville qui sert de terrain de jeu à l’augmentation des profits faits sur le dos des besoins élémentaires de ses habitants ?

  • Que va faire la ville pour endiguer le phénomène d’augmentation des loyers sur son territoire ?

  • Comment la ville compte-t-elle mettre fin à la spéculation sur le besoin primaire de se loger ?

Sofia Touhami, Rafik Rassaa, Antonio Gomez Garcia,
Conseillers communaux PTB