Arcelor Ring Mill : il faut tirer les leçons du passé, les pouvoirs publics doivent prendre leurs responsabilités

Le fonds d'investissement Callista vient de reprendre la filiale d'Arcelor Mittal, Ring Mill, située à Seraing. Callista n'est pas un groupe industriel. C'est un fonds d'investissement.

« J'ai enquêté sur le futur que réserve Callista aux entreprises qu'elle achète », explique Damien Robert, président provincial du PTB et conseiller communal à Seraing. Et ce dernier d'expliquer : « Cette société ne fait pas ce qu'elle raconte sur son site internet. En fait, elle rachète des entreprises à bas prix, parfois pour l'euro symbolique, sans communiquer le prix ni les conditions de la reprise et elle organise la liquidation pour le compte de l'ancien propriétaire qui échappe ainsi aux frais liés à la fermeture. Il est tout simplement inacceptable de laisser notre industrie dans les mains de tels vautours ».

Au cours de sa courte existence, Callista a fait plus de mal que de bien. « Il est surprenant de constater qu'une des premières acquisitions de Callista, réalisée en 2014, a été une filiale de la multinationale allemande GMH : MWK Renningen GmbH, spécialisée dans la production de pièces automobiles. GMH, c'est cette même multinationale qui avait revendu, au même moment, sa filiale ESB, implantée à Seraing, à un autre fonds allemand, REM, aussi spécialisé dans les mêmes basses besognes. ESB avait fermé deux ans plus tard, et les travailleurs avaient perdu le plan de prépension qui avait été négocié avant la reprise par REM. C'est aussi ce qui est arrivé aux travailleurs de la filiales rachetée à la même période par Callista. Elle est tombée en faillite et est maintenant fermée », ajoute Damien Robert.

Aujourd'hui, ce sont les travailleurs de Ring Mill qui risquent d'être victimes du même procédé. « Entre REM et Callista, le modus operandi est le même : le prix de la vente est tenu secret, les documents officiels ne sont pas transmis aux représentants des travailleurs qui reçoivent plein de promesses sur le maintien de l'emploi, sur des investissements futurs et sur la relance de l'activité. Des nouveaux managers grassement payés sont nommés. Et dans certains cas, au bout de quelques mois, voire une ou deux années, la faillite est prononcée », dénonce le président provincial du PTB.

« C'est encore ce procédé qui a été utilisé par Callista en France, lors de la reprise, pour l'euro symbolique, de l'usine PCH Metals d'une taille similaire à Ring Mill et spécialisée dans la fabrication de radiateurs », indique Damien Robert. Et ce dernier d'expliquer : « Callista a racheté l'entreprise PCH metals pour l'euro symbolique. Un an après la reprise, la convention de reprise a été modifiée avec notamment un abandon de créance au bénéfice de Callista. La faillite de l'entreprise a finalement été déclarée, 24 mois plus tard. »

Callista est une société allemande, basée à Munich. Ce « fonds d'investissement » est dirigé par un juriste et un ingénieur. Sa vocation première n'est pas industrielle. Les deux dirigeants, Olaf Meier et Marc Zube, se connaissent bien. Ils étaient auparavant responsables d'une société informatique. La structure de leur société est opaque. Elle est constituée d'une myriade de sociétés écrans avec des filiales qui se font et se défont. « Nous ne pouvons accepter que notre industrie tombe dans de telles mains. Il faut tirer les leçons du passé et empêcher qu'à l'avenir, un scénario à la ESB soit à nouveau acté », annonce Damien Robert.

Et ce dernier de conclure : « Les pouvoirs publics doivent prendre leurs responsabilités. Ils doivent lutter activement contre la désertification du tissu industriel. La Région wallonne doit garantir la relance et éviter une fermeture. Ce serait un signal fort pour le maintien de l'emploi. »


Soyez le premier à commenter

SVP vérifiez votre boîte email afin d'utiliser le lien pour activer votre compte.

Prêt.e pour la grande vague du changement social ?