Les arbres-kleenex, une variété typiquement liégeoise ?

« 267 arbres vont être abattus pour faciliter le chantier du tram ou permettre le passage des rames selon le tracé établi. Mais, nous dit-on, au final les Liégeois seront gagnants car on en replantera encore plus ! Cette logique de l’arbre-kleenex est dérangeante à plus d’un titre. » regrette la conseillère communale PTB Céline Fassotte. Le PTB demandera au collège ce lundi le renforcement en personnel du service des plantations de la Ville de Liège ainsi que la modification des cahiers des charges des travaux d'aménagement de l’espace public pour éviter la pratique des arbres-kleenex.

« Cette pratique des arbres-kleenex signifie d’abord que la Ville considère les arbres comme des objets jetables, un bien de consommation interchangeable autour duquel il n’y a pas besoin de réfléchir à une continuité. C’est chaque fois le même scénario : l’arbre n’est pas compatible avec les plans ? L’arbre est éliminé. » poursuit la conseillère communale. Et de détailler plusieurs exemples : « Nous avons pu le vivre récemment au sujet du nouvel aménagement de la place des Carmes. Dans le cadre du boulevard de Sauvenière concerné par un abattage lié aux travaux du tram, ce n’est pas la première opération de la sorte. En effet, en 2002, les arbres avaient été abattus pour faciliter le nouvel aménagement et d’autres (les actuels) avaient été replantés.

Second grief formulé par la conseillère communale : « Les promesses de plantation ne tiennent pas compte du temps qu’il faut à un arbre pour être « opérationnel », c’est-à-dire suffisamment grand et fort que pour fournir de l’ombre et rafraîchir lors de vagues de chaleur. Problème que l’échevinat semble pourtant avoir bien en tête quand il est prêt à payer le prix fort pour un remplaçant ayant déjà 3 mètres de haut, comme les magnolias et l’érable prévus sur la future place des Carmes. »

Enfin le PTB pointe les difficultés rencontrées lors des opérations de plantation. « Ces dernières années de nombreux arbres ont été plantés au centre-ville et ces plantations périclitent. Sur les 13 arbres plantés place Saint Paul, seuls deux ont survécu. Quai Marcellis, des platanes ont dû être abattus à cause d’une maladie qui n’a pas pu être traitée à temps et ont été remplacés par de jeunes arbres qui sont vraiment très mal en point. À la fin du quai de Rome, les arbres plantés sur la berne centrale sont tous morts. Le boulevard Frère-Orban offre lui aussi à sept reprises le même spectacle navrant. Car, il ne suffit pas de planter, encore faut-il se donner les moyens d’entretenir. Au service des plantations, les ouvriers se sentent démunis face à cette situation. Ils savent que les jeunes plants nécessitent plus de soins et des arrosages plus fréquents, mais le manque de personnel et l’organisation actuelle de leur travail ne leur permettent pas d’assurer la survie des jeunes arbres. »

Et Céline Fassotte de conclure : « C’est bien joli de nous promettre 4000 arbres en plus en ville, mais pour que les Liégeois profitent réellement des bienfaits d’une verdurisation de leur espace public, il faut une vision à long terme de la problématique et arrêter de gaspiller les arbres adultes. Alors que le dernier plan de gestion de la Ville de Liège a abouti à une privatisation partielle du service des plantations et à une réduction de son personnel, il devient urgent de le renforcer aujourd'hui pour qu'il puisse remplir ses missions essentielles notamment pour une ville plus verte et mieux protégée des vagues de chaleur. Des avenants aux cahiers des charges des travaux devront aussi être débattus pour éviter de nouveaux abattages. »

Jeunes arbres morts place Saint Paul Détail d’un jeune arbre mort place Saint Paul Plantations « en difficulté » quai Marcellis
Contraste entre un vieil arbre et un jeune plan mort au carrefour de pont Albert Iier et du boulevard Frère-Orban Jeunes arbres morts quai de Rome Jeunes arbres très mal en point quai de Rome

 


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