Pourquoi avoir protégé l’échevin Pierre Stassart, condamné par la justice ?

Près de deux mois après la condamnation en justice de l'échevin de l'instruction publique Pierre Stassart, celui-ci est toujours en poste dans la majorité. Mais les lignes ont bougé : suite à la pression, la majorité cesse de le soutenir et accepte enfin de le remplacer. Mais le dossier n'est pas clos. Pourquoi la majorité a-t-elle protégé cet échevin si longtemps ?

« Ce dossier est quand même un exemple de non-transparence et de protection entre amis au PS », explique Sophie Lecron, cheffe de groupe du PTB.

En décembre, l’échevin de l’instruction publique est condamné à un an de prison avec sursis et 16 000€ d’amende pour prise illégale d’intérêt dans l’embauche de son ex-compagne à la HEL, dans le réseau communal dont il s’occupe. Le bourgmestre annonce alors que l’échevin devra faire un pas de côté à la HEL mais qu’il pourra rester échevin, qu’il lui accorde le bénéfice du doute.

« Nous n’avons évidemment pas pu laisser passer ça. C’est pourquoi j’ai souhaité interpeller la majorité PS-MR pour avoir un débat public lors de notre conseil du 20/12. Nous voulions qu'elle revienne clairement sur sa décision de garder l’échevin condamné qui avait perdu la confiance de tout le monde et n’avait plus sa place dans la majorité ni dans le conseil communal. »

Comment le PS et le MR ont-ils réagi ? « Ils ont unilatéralement décidé le huis clos en pleine séance publique pour éviter ce débat, alors que nous avions rentré notre interpellation dans les règles » rappelle la cheffe de groupe. « Du jamais vu en plus de 10 ans où je siège au conseil de Liège. Ils ont interprété à leur avantage le code de la démocratie locale, de manière antidémocratique, alors que le débat aurait tout à fait pu être public, comme l’a précisé le présidents des DG liégeois. »

Ce n’est qu’après plusieurs semaines et face à la pression de l’opinion publique que le bourgmestre a finalement du revenir sur votre décision et écarter l’échevin. Mais pourquoi avoir protégé si longtemps un échevin condamné, qui avait perdu la confiance de son personnel, des liégeois-e-s et du conseil communal ? Comment est-ce possible de la part d'un PS qui prétend « avoir tourné la page des scandales » ? Pourquoi avoir bridé ainsi la parole de l’opposition ? Quelles garanties pour éviter que cela ne se reproduise ?

Un élu doit être irréprochable et montrer l’exemple. La politique c’est pour servir, pas se servir. C'est pourquoi Sophie Lecron interpellera la majorité communale avec ces questions lors du conseil de ce lundi 31 janvier.