Non à la privatisation de la société d'assurances pensions l'Integrale

Le PTB s'oppose à la privatisation de la société d'assurances pensions l'Integrale

Lors des prochains conseils communaux, les communes liégeoises vont devoir se positionner par rapport à Nethys qui demande de transférer les actions qu'elle détient dans l'intercommunale Ecetia finances vers l'Integrale, une société d'assurance pensions que Nethys a racheté dernièrement. Pour Damien Robert, président provincial du PTB, cette recapitalisation pose problème : « On fait appel à l'argent public pour régler les problèmes de l'Integrale sous prétexte de sauver les pensions complémentaires. Mais dans le même temps, Nethys transforme la caisse d'assurances en société anonyme, supprime le contrôle des travailleurs sur leurs propres pensions complémentaires et permet à des dirigeants ou consultants de la société de toucher des salaires scandaleusement énormes tandis que la Ministre veut, cerise pourrie sur le gâteau, pousser à sa privatisation totale. Cette orientation nous pose de gros problème et nous ne pouvons pas souscrire à cette logique. Ce n'est pas en avançant dans cette voie que les droits des travailleurs qui ont cotisé seront respectés  ».

La société Integrale est une caisse d'assurance pension qui existe depuis près d'un siècle. C'est une caisse d'assurance complémentaire liégeoise à laquelle plus 150 000 personnes sont affiliées, comme par exemple les travailleurs de Cockerill ou de TNT. Jusqu'en 2016, elle fonctionnait avec une gestion paritaire (représentation équivalente entre patrons et syndicats) et était gérée avec un principe assez coopératif qui permettait aux travailleurs qui ont cotisé d'avoir plus de sécurité et d'avoir un plus grand retour d'investissement sur leur pension qu'avec un assureur privé traditionnel. Mais Nethys (la société anonyme appartenant à l'intercommunale Publifin) a mis la main sur l'assurance pensions Integrale et l'a transformée : la caisse communes d'assurances Intégrale est devenue une société anonyme et la gestion paritaire (employés et employeurs) a disparue. Nethys y a injecté 90 millions d'argent public et Ogeo fund (le fonds de pension de Publifin et de plusieurs intercommunales liégeoises) 65 millions. Pourtant, moins d'un an, après cette capitalisation, Publifin publiait son rapport stratégique 2017-2019 dans lequel la sonnette d'alarme est, à nouveau, et clairement, tirée. On peut lire dans ce rapport un constat accablant : "L’Intégrale connaît une situation extrêmement tendue, principalement en matière de fonds propres." Pour en rajouter encore plus, il y a deux semaines, la ministre des pouvoirs locaux (la libérale De bue) a avancé que le pôle assurances de Nethys (sous entendu l'Integrale) pourrait être revendu. 

 

« Ce qui se passe chez Integrale est clairement préoccupant », estime Damien Robert. Pour ce dernier, « la société commune d'assurances est rentrée depuis deux ans dans une logique de privatisation qui ne semble pas s'arrêter et qui ne va pas profiter aux travailleurs qui ont cotisé pour une assurance complémentaire ».

 

Et le président provincial du parti de gauche de rajouter : « Cette logique d'orienter la gestion de la société d'assurances vers la privatisation totale se sent à tous les niveaux. Depuis le rachat par Nethys et la transformation de la caisse d'assurances en société anonyme, les rémunérations pour des frais de ''consultance'' ou ''d'expertise'' augmentent fortement. La commissaire aux comptes, représentante de la multinationale de consultance PWC, bat tous les records en matière de rémunérations. Elle a touché 560 865 € rien que pour l'année 2016 comme commissaire aux comptes à Integrale. C'est une somme complètement indécente. Cette indécence est encore plus forte quand on sait qu'elle elle est aussi commissaire pour Ogeo fund, Publifin et Nethys où elle gagne aussi de belles sommes. Et quand on sait qu'elle a, en plus, permis à d'autres personnes non identifiées de toucher 215 009 € pour ''des prestations exceptionnelles ou missions particulières'', on ne peut que s'indigner. Ces rémunérations sont d'autant plus inacceptables que cet argent est un coût pour l'entreprise : ce sont donc des bénéfices qui ne reviendront pas aux travailleurs qui ont souscrit à leur assurance complémentaire. »

 

Pour le PTB, la garantie d'obtenir une pension décente est un droit fondamental pour chaque travailleur. « Ce qui se passe avec l'Integrale est la conséquence logique de la politique des gouvernements qui se sont succédés ces dernières années sur les pensions. A force de baisser les pensions légales, le gouvernement a poussé les travailleurs à négocier des assurances pensions et donc à prendre des risques en soumettant l'argent des pensions complémentaires aux règles du capitalisme, de la concurrence et du marché. Il faudrait plutôt faire le contraire car une pension décente est pour les travailleurs une nécessité », conclut Damien Robert.


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  • Adrian Thomas
    a publié cette page dans Actualités 2018-02-26 08:31:00 +0100

Prêt.e pour la grande vague du changement social ?